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Rocks, mai 1978
Pere Ubu appartient, on le sait, à cette nouvelle coterie de groupes
américains pour qui le son des
années 80 est déjà une réalité objective et il continue sans bruit,
son invasion méthodique.
Quelques semaines après le single " Modern
Dance ", voici l'album du même nom.
Tout débute avec " Non Alignment Pact ",
panoramiques
diaboliques dans l'espace stéréo. Crocus alias David Thomas peut alors,
par ce chant énorme, balayer toutes les résistances, et il ne se prive
certainement pas de le faire.
Modern Dance - le morceau - a été réenregistré et sonne encore mieux
que le single, au niveau de cette voix gigantesque en particulier. II y a
aussi au rayon des trucs déjà connus, une nouvelle version de Street
Waves. La première face se termine sur Chinese Radiation, ballade
pressurisée qui se transforme en rock terrifiant sous les exhortations de
Crocus, déchaînant une foule imaginaire, avant de retomber sous les
accords d'un piano majestueux. La face 2 s'ouvre sur un morceau de Peter
Laughner, ex-membre du groupe " Life Stinks " (la vie pue), elle
devait même puer un peu trop, Peter étant mort il y a quelques mois
déjà.
Cette face est la plus étrange, la plus oppressante avec ce point d'orgue
terroriste que constitue " Sentimental Journey " où, sur un
fond de verre brisé, Crocus se lance dans un discours surréaliste,
entouré d'un sax incontrôlé et d'une guitare monotone. De temps à
autre, le tout vole en éclats sous les coups de boutoirs d'une batterie
insensée et le disque se termine sur " Humor Me ", espèce de
Reggae que traverse une splendide guitare asthénique.
Ce disque est en définitive un chant d'amour aux terreurs avenir, dont la
photo du verso (Cleveland, la nuit, dans une version volontairement
esthétique) donne une approche assez parfaite.
Alain FEYDRI
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Différentes
Parutions |
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Label |
Référence |
Pays |
Date |
Format |
|
Blank |
001 |
USA |
Janvier 1978 |
lp |
|
Phonogram |
9100 052 |
UK |
Avril 1978 |
lp |
|
Mercury |
6338 874 |
International |
Avril 1978 |
lp |
|
Rough Trade |
Rough 22 |
UK |
Janvier 1981 |
lp |
|
Rough Trade |
Rough US 7 |
USA |
Mars 1981 |
lp |
|
Rough Trade |
GI 22 |
Italie |
1981 |
lp |
|
Fontana |
SF3 / 834 267 |
CEE |
1988 |
lp/cd/mc (édition
limitée à 1000 ex.) |
|
Cooking Vinyl |
Cook 141 |
UK |
Juin 1998 |
cd (disponible) |
|
Geffen |
DGCD 25206 |
USA |
Juin 1998 |
cd (disponible) |
|
Bomba |
BOM 812 |
Japon |
Juin 1998 |
cd (disponible) |
|
RTI |
CKV 2114 |
Italie |
|
cd (disponible) |
|
Get Back |
GET 54 |
Italie |
Avril 1999 |
lp 180gr
(1000 exemplaires) |
|
Get Back |
GET 90054 |
Italie |
2004 |
lp
140gr
vinyle rouge (édition limitée) |
|
Silverline |
284402-2 |
EU |
2006 |
DualDisc
(disponible) |
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| "Modern
Dance" et "The Terminal Tower" aurait été rééditée
ensemble sur un double cd par le label Movieplay Gold (MPG74178). |
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Dub
Housing (1978) |
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Chroniques |
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Rock &
Folk, janvier 1979
L'Père Ubu avait sûrement trouvé un truc pour son premier 33. J'avais
réussi à l'écouter. Même à l'apprécier. Son délire infernal,
incendiaire, de pyromane apocalyptique. Je marchais avec plaisir sur les
débris des verres qu'il cassait. Au Gibus, quand il était passé en ce
début d'été, j'étais au bord de la fournaise, déjà un tout petit peu
en retrait. Déjà un peu déçue. Mes tympans vrillaient. Notre mur du
son déjà déconnecté. Echolocation impossible. Défilaient
irrémédiablement les images. C'était l'Père Ubu, et il avait un truc.
Seulement le truc, c'est pas tout. Surtout quand il devient systématique.
Comme
cette seconde production. Sclérosée. Ennuyeuse. Décevante. Une fois que
tout a explosé. Tout brûlé. J'ai soif de pureté. Ou de joie. De
délire. Tout recommencer. Et les perpétuelles plaintes lassent. Je l'ai
mis. Je n'ai rien entendu. Je l'ai remis. Inlassablement. Rien ne m'a
émoustillée. Pire que l'ennui. La lassitude. "Navy". Des
cloches. Des marteaux. Toujours le même tapage. La petite voix de bébé
castré. Grincements. "On The Surface", ou le seul leitmotiv
audible. Trois notes. Identiques et répétitives. Le S.O.S. du
rachitique... ou du boulimique. Trois notes à dévorer. A conserver. Ce
sont les trois seules que j'aurai à me mettre sous la dent. Aussitôt...
suit l'embrouillamini. Le cafouillis. Le clafoutis. Le prince de la
musique apocalytique et des fumées toxiques de Cleveland s'est
autoasphyxié. II tousse et étouffe. Ces cris moribonds, morbides,
ressemblent à des cornemuses écossaises possédées par des fantômes
paralytiques. "Dub Housing" . "Caligari's Mirror". La
décadence. Hymne mystique pour Hare Krishna et fans hystériques
mystiques. "Thriller". Une voix de l'au-delà. Une craie qui
dérape sur un tableau noir. Ce n'est pas insupportable, c'est
insignifiant. Ubu ne ternira pas ma bonne humeur, ce n'est pas lui qui
décolorera mon bonheur.
Pascale JUGE Atem*,
1979
Il est évident que la musique de Pere Ubu s'inscrit dans le courant du
nouveau rock industriel. Mais elle s'en éloigne aussi dans la mesure où,
pour la première fois, nous avons avec "Dub Housing" une
contre-proposition à ce son agressif qui est la carte de visite des
orchestres des cités du béton. Bien sûr, Devo sera pris comme
référence à l'écoute de la voix distanciée de "Navvy" ou de
"I Will Wait"; la musique, cependant, est bien plus forte,
introduisant un peu de l'élégance de Ultravox ou de la sobriété de
Talking Heads ... Car ce qui fait l'originalité de Pere Ubu, c'est cette
synthèse entre le nouveau rock new-yorkais et les recherches plus
aventureuses des formations isolées comme Throbbing Gristle ou les
Residents. Vous devez écouter absolument "Dub Housing" de Pere
Ubu, Cleveland, Ohio, USA.
Pascal Bussy
* revue créée par Gérard
Nguyen consacrée à des musiques différentes (Henry Cow, Nico, Robert
Wyatt, Univers Zéro, The Residents ...). 16 numéros entre 1975 et 1979. |
|
Enregistrement
et éditions |
|
Enregistré et mixé
au Studio Suma les 31 juillet et 1er août, du 7 au 10 août, du 28 au 31
août, du 4 au 7 septembre, les 14 et 15 septembre, du 17 au 20 septembre
et du 22 au 24 septembre 1978. Des
portions de "Thriller !" ont été enregistrées au Discohome à
Cleveland.
Durant les sessions
de transfert digital en 1994, Paul Hamann a découvert que la seconde face
des éditions vinyles Chrysalis/Phonogram était légèrement distordue.
David Thomas : voix, orgue, musette (?!), percussion
Tom Herman : guitare, basse, voix
Allen Ravenstine : synthétiseur EML, saxophones
Tony Maimone : basse, piano, guitare, orgue, voix
Scott Krauss : batterie, orgue, percussion
Production : Pere Ubu & Ken Hamann
|
|
Différentes
Parutions |
|
Label |
Référence |
Pays |
Date |
Format |
|
Chrysalis |
1207 |
Uk |
Nov. 1978 |
lp |
|
Phonogram |
6307 046 |
France |
Nov. 1978 |
lp |
|
Base Records |
Base 40141 |
Italie |
? |
lp (??) |
|
Chrysalis |
12017 |
USA |
Avril 1979 |
lp |
|
Rough Trade |
RB 1 |
Hollande |
1985 |
lp |
|
Rough Trade |
Rough US 14 |
USA |
1989 |
cd |
|
Rough Trade |
Rough 6002 |
UK |
1989 |
cd |
|
Bomba |
BOM 816 |
Japon |
Déc. 1998 |
cd (disponible) |
|
Cooking Vinyl |
Cook 170 |
UK |
Mars 1999 |
cd (disponible) |
|
Thirsty Ear |
THI 57069 |
USA |
Juin 1999 |
cd (disponible) |
|
RTI |
CKV 2153 |
Italie |
|
cd (disponible) |
|
Get Back |
GET 58 |
Italie |
1999 |
lp 180gr
(1000 copies) |
|
Get Back |
GET 90058 |
Italie |
2004 |
lp
140gr
vinyle rouge (édition limitée) |
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|
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|
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|
New
Picnic Time (1979) |
|
Chroniques |
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Rock &
Folk, mars 1980
Le disque est arrivé comme ça, par
surprise. Pere Ubu. Chaque disque, un miracle. Mais leur musique est
devenue si sereine que je suis sûr que s'ils avaient vécu à l'époque
de Dion and the Belmonts ou Paul Anka, ils auraient réussi à se faire
entendre. "It's me again..." annonce David Thomas, avec sa voix
à faire la pige à Mel Blanc. Et de fait. C'est bien lui. Plus louf que
jamais, plus inspiré que jamais. L'esthétique du cri revue et corrigée
par le dessin animé. "Have Shoes, Will Walk", ils ont sorti ça
en simple en Angleterre, si vous pouvez imaginer... (Il y avait un
feuilleton télévisé intitulé "Have Gun, Will Travel" dans
les années 50). Imaginez Pere Ubu dans tous les boxes. Le monde serait
peut-être plus sain. Une de mes favorites, c'est "49 Guitars And One
Girl" . "Dont panic !", exhorte Thomas sur fond de
cacophonie hawaïenne. Musique pour deux cents solex. Musique à faire
cailler le lait. Musique à faire pousser les plantes, musique pour
endormir bébé. Des mélodies ou des comptines aussi simples que des
hochets. Pere Ubu ne fait pas de la musique qui S'IMPOSE. Pere Ubu fait de
la musique qui vous laisse la place de respirer. Qui s'infiltre entre les
lames de parquets ou entre les lobes frontaux. C'est la victoire de la
fantaisie sur le sérieux (voir l'hilarant "One Less Worry" et
le coup de chapeau à Tex Avery via le chien neurasthénique Droopy),
triomphe de la légèreté sur la gravité (et David Thomas, comme tous
les grands hommes de poids, en connaît un rayon sur la question),
triomphe de la volonté ludique sur les impératifs du business.
Chaque chanson est une vignette, ou une texture, ou une lucarne. Musique
tactile comme avec "The Voice Of The Sand" ("The sailors
understand/There's far more sea than sand"). Musique slapstick comme
"One Less Worry" (dans lequel Thomas révèle ses talents de
comédien). Dance party time comme avec "Jehovah's Kingdom Comes !".
Et une mélopée à méandres qui me fera peut-être oublier
"Codex", "All The Dogs Are Barking". Pere Ubu, c'est
une unité : les mêmes gens, le même producteur, le même studio et
même le même photographe (Mike Mellen, qui habite dans le même immeuble
ancien-bordel-de-Rockefeller sur Prospect Avenue). Ce qui sous-tend cette
musique liquide, fantasque et rigoureuse à la fois, c'est la tranquille
détermination qui semble animer ces cinq individus. C'est la musique la
plus saine que je connaisse. Et le fait qu'elle nous vienne de cinq
individus farouchement déterminés à rester à Cleveland est peut-être
un signe de plus qu'ils nous font. Je voudrais surtout pas sonner mystique
ni rien, mais quand j'entends les informations et toutes les merdes qui
arrivent et tous les sonneurs d'apocalypse, cela me réconforte de savoir
que quelque part, LA BAS, cinq mecs font de la musique à faire repousser
tout ce qui est mort. Comme le suggèrent peut-être les rayures
aqua-marine de la pochette, c'est aussi de la musique pour vous laver les
dents avec. Pas TOUT A FAIT un picnic. Seulement un picnic si on accepte
les fourmis. Quelqu'un d'autre a dit ça. Search me.
Philippe GARNIER
Best, février
1980
En musique les sons synthétisés sont couramment employés parce qu'ils
satisfont les perspectives mentales toujours plus ambitieuses. Le propre
d'un musicien est de se nourrir des progrès scientifiques physiques et
mécaniques de son temps. Pere Ubu produit depuis deux ans un rock'n' roll
moderne tellement physique, provoquant une espèce de profonde atrophie
sonore qui semble avoir marqué de façon indélébile la conscience des
quelques auditeurs, rares, il est vrai, que la secte de Cleveland, Ohio
draine depuis " Modern Dance " et " Dub Housing " (78
et 79). Pere Ubu a été incontestablement un des responsables de la
vulgarisation du son électronique le poussant vers des limites quasi
nucléaires, tout en restant attractif et en produisant l'une des musiques
les plus sauvagement dansantes de la décennie passée (" 30 Seconds
Over Tokyo " et " Final Solution "). Voilà pour la forme
qui d'ailleurs s'apparente aux exigences artistiques de David Thomas,
Allen Ravenstine et les autres. " New Picnic Time " est un
disque lépreux, horrible mais vital, c'est un peu la boite noire de
l'astronef terre lorsque celui-ci s'écrasa et où sont méticuleusement
enregistrées toutes les péripéties et l'hystérie collective qui
précéda la lente désagrégation du genre humain au seuil des années
80. On y entend " Goodbye ", l'adieu, " The Voice Of The
Sand " , la voix du sable, " Jehovah's Kingdom Comes ! ",
le retour au religieux dans les Etats Unis d'Amérique, la fabuleuse
séquelle, " Have Shoes Will Walk ", " 49 Guitares et Une
Fille ", " Un Petit Nuage Noir " et le final " Tous
les Chiens Aboient " . Un Opéra pour les ténèbres et une
incantation pour la pureté, un exorcisme radioactif; un grand sabbat dont
vous êtes le sacrifice. La musique de Pere Ubu enfle au fil des albums.
Le prochain ne sera-t’il qu'un long et sinistre silence ? On ne le
souhaite pas, bien que la démarche d'Ubu soit irrémédiablement
non-commerciale. Tout est pourtant extrêmement simple.
Si je vous disais que les kids de l'Ohio alimentent leurs parties avec Ubu
et de l'Angel Dust, comme d'autres se goinfrent avec Blondie et du Coca
Cola. Ils existent. Pour eux ce n'est vraiment que le temps d'un nouveau
picnic où le soleil n'est qu'une pastille, un halo étouffé. Les enfants
de la nouvelle cécité. La musique les oriente. Les chiens se contentent
des restes.
Francis DORDOR
Gig, n°5,
avril 1980
Pere Ubu compose une musique qui glace.
Iceberg bleu dans une mer gelée ... Mais il produit aussi quelques clins d'œil
et quelques sourires ... Oui, Oui, il possède de l'humour et c'est très
fort. Après la fonte du glacier, le liquide réchauffé vous glisse entre
le cartilage et les os ... Découvrez-le, je retourne dans ma banquise.
Have Shoes Will Walk ... All the Dogs Are Barking ... Side Two ...
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Enregistrement
et éditions |
|
Enregistré et mixé
du 21 au 30 mai et du 4 au 28 juin 1979 au studio Suma.
Durant les sessions de transfert digital en 1994, il a été découvert
que l'on pouvait ajouté ou soustraire 12db n'importe où sans changer
pour autant le paysage sonore. Ce mystère provient des sessions
originales de mixage en 1979. Le pressage original Chrysalis et les
rééditions cd Rough Trade sont concernés par ce problème. La
chanson intitulée "Jehovah's Kingdom Comes !" sur l'édition
originale Chrysalis change son titre en "Hand A Face A Feeling"
sur la réédition Rough Trade de 1989 pour devenir simplement "Kingdom
Come" chez Cooking Vinyl en 1999 !
David Thomas : voix, flûte à bec
Tom Herman : guitare, basse, pan-gong, voix
Allen Ravenstine : synthétiseur EML, piano, dés
Tony Maimone : basse, guitare, orgue, piano, voix
Scott Krauss : batterie, percussions
Production : Pere Ubu & Ken Hamann
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|
Différentes
Parutions |
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Label |
Référence |
Pays |
Date |
Format |
|
Chrysalis |
CHR 1248 |
UK |
Sept. 1979 |
lp |
|
Chrysalis |
6307 678 |
Allemagne |
Sept 1979 |
lp |
|
Rough Trade |
RB 2 |
Hollande |
1985 |
lp |
|
Rough Trade |
Rough 6003 |
UK |
1989 |
cd |
|
Rough Trade |
Rough US 20 |
USA |
1989 |
cd |
|
Bomba |
BOM 817 |
Japon |
Décembre 98 |
cd (disponible) |
|
Cooking Vinyl |
COOK 171 |
UK |
Mars 1999 |
cd (disponible) |
|
Thirsty Ear |
THI 57070 |
USA |
Juin 1999 |
cd (disponible) |
|
RTI |
CKV 2154 |
Italie |
|
cd (disponible) |
|
Get Back |
GET 59 |
Italie |
1999 |
lp
180gr
(1000 copies) |
|
Get Back |
GET 90059 |
Italie |
2004 |
lp
140gr
vinyle rouge (édition limitée) |
|
|
|
The
Art Of Walking (1980) |
|
Chroniques |
|
Rock &
Folk, décembre 1980
Ah, tous ces David ! Quels charmants garçons ! David Bowie - qui n'a
vraiment rien d'un "scary monster"; - me trouble. David Byrne,
le génial docteur, me fascine. Quant à David Thomas, ce haut
représentant de la gent ubuesque, j'ai pour lui une très grande
sympathie. Comprenez bien, je lui dois une fière chandelle : quelques
secondes de "New Picnic Time" suffisent pour me réconcilier
avec la vie. Rien que sa voix, rien que le formidable gazouillis de la
musique, et voici que le destin titube honteusement, et voici que les
plantes vertes se redressent et que tout respire enfin. Ça, c'est le
pouvoir de Pere Ubu.
Ce bon David Thomas est un artiste en tous genres. "The Art Of
Walking"... L'art d'avancer, celui de mettre un pied devant l'autre -
et tant pis si l'on est de guingois - et de recommencer. Imperturbablement
(en bon pataphysicien). Sans oublier quelques pirouettes. Cette musique
est un véritable pied de nez à tous ceux qui se contentent du surplace.
Le groupe se nomme Pere Ubu, et ce n'est pas pour rien. Ca nous permet de
considérer d'emblée chaque nouveau disque avec une sorte de sourire
intérieur, forme latente du plaisir. Utopie ? Non : ici, la fantaisie est
liée à la conscience. La musique est élastique, c'est à dire très
rigoureuse. De là vient toute la générosité d'un groupe qui sait
rester touchant et chaleureux même aux confins de l'expérimentation
("Arabia", "Lost In Art", "Miles").
Pere Ubu a quitté Chrysalis pour Rough Trade, mais en revanche,
producteur, graphiste et photographe sont ceux de toujours. Ce qui prouve
que David Thomas a de la suite dans les idées, si bizarres soient-elles.
Bien sûr, à la première écoute, "The Art Of Walking"
déçoit un peu : il faut presque tendre l'oreille, le son semble plus
maigre et ne possède pas en tout cas l'évidence à laquelle nous étions
habitués. En fait, cette retenue, devient vite une jouissance et David
Thomas n'est pas un timide. Ni un timoré. Il sait se faire entendre sans
s'imposer, voilà tout. Seulement, la guitare de Tom Herman était
charnelle et Mayo Thompson est aujourd'hui plus impalpable. Avec cet
incroyable son rouillé ("Loop", "Rounder"). C'est à
Mayo que l'on doit "Horses", et j'avoue avoir un petit faible
pour cette ritournelle dissonante dans laquelle Allen Ravenstine, aux
claviers, aime bien l'acidité synthétique. Voici le genre de mélodie
que l'on aimerait entendra à la radio le matin quand les voisins de
palier partent au turbin. Pas étonnant d'apprendre que Mayo voue un
véritable culte à Françoise Hardy !
Le morceau précédent, "Lost In Art", est franchement inouï et
hystérique. Très théâtral. Et "Rhapsody In Pink vous est aussi
hautement recommandé. "That's my story "... avoue ce tordu de
Thomas à la fin de son délire. Sûr, il connaît la "science des
solutions imaginaires". Pere Ubu transforme tout ce qu'il touche.
Même le spleen ! L'angoisse est aussi parfois au fond des sillons, mais
Pere Ubu offre un art heureux et épanoui. Ça fera du bien à ceux qui
flashent un peu trop sur Joy Division depuis quelques mois : ce qui est
beau n'est pas toujours désespéré. Dans ce disque, on sent la sève, on
respire l'humus sous l'asphalte des avenues. Et David Thomas chante comme
s'il allait atteindre l'orgasme dans la minute suivante. Avec cette sorte
d'excitation sensible qui renforce les certitudes les plus
déraisonnables. Rien à voir avec les détenteurs de la connaissance new
wave et autres falsificateurs modernes. Non, vraiment, Pere Ubu ne vous
attire pas par quelque espérance trompeuse et ne chipote pas sur les
sentiments. En plus de sa poésie sonore, il vous offre le luxe de
l'humour. Allez, en piste les excentriques. Marcher au pas d'Ulm, ce n'est
pas faire du jogging.
Eudes VELOUTE.
Moderne, 3ème
trimestre 1981
Pere Ubu, c'est la musique de l'après-guerre.
Un conflit atomique vient de ravager la presque totalité de la planète,
les quelques survivants sont de véritables mutants ravagés par les
irradiations et les bactéries synthétiques dévastatrices. Il continue
cependant à s'entretuer sauvagement. (??
: note du webmaster !)
New Wave n°
9, mai 1981
Et une galette sinistre de plus : les délires
du Pere Ubu avec sa musique sombre, ses distorsions vocales, sa
schizophrénie effrénée, ubuesque et dantesque. Une nouvelle pierre de
l'ère post atomique.
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|
Enregistrement
et éditions |
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Enregistré et mixé
en janvier 1980 au studio Suma. Enregistré par Paul Hamann
Deux versions de cet album sont sorties. A l'origine, "Arabia"
était un instrumental. A la suite de remarques de "commerciaux"
pensant qu'il y avait trop d'instrumentaux sur l'album, David Thomas a
enregistré un texte et le morceau fut renommé "Arabia Nights".
"Young Miles In The Basement" fut raccourci et un second master
préparé. Une erreur à l'usine de fabrication a fait que le premier
master, l'original, fut utilisé pour le premier pressage. Les pressages
suivants furent réalisés à partir du master corrigé. A noter que,
quelque soit le pressage, le titre imprimé sur la pochette est "Arabia"
et non pas "Arabia Nights". C'est le cas de l'édition
française réalisée par Barclay à partir du master corrigé.
Le coffret "Datapanik In The Year Zero" restaure le disque dans
sa forme originale, avec l'instrumental "Arabia" et la version
plus longue de "Young Miles In The Basement". Lors de la
préparation du coffret, une version inédite de "Misery Goats",
avec une partie de guimbarde, fut trouvée et utilisée à la place de
l'originale.
Les dernières rééditions cd, Cooking Vinyl et Thirsty Ear, utilisent la
même version que celle du coffret avec "Arabia Nights" en titre
bonus.
Pour finir, il faut noter que les lettrages et les dessins de danseurs sont
verts sur les différentes éditions et rééditions.
Il existe toutefois une édition italienne où la pochette est avec lettrage
et dessin en jaune. Cette édition, sortie en 1980, se voit doter d'un
vinyle avec pour nom de label "Base Records". Le master
utilisé est le master original, non corrigé et comportant "Arabia"
Ouf !
David Thomas : voix, orgue Vox Continental Baroque, batterie sur
"Lost In Art"
Mayo Thompson : guitare, piano, choeurs, voix sur "Loop"
et "Horses"
Allen Ravenstine : synthétiseur EML
Tony Maimone : basse, orgue, piano
Scott Krauss : batterie, cuivre, piano, percussions électroniques
Production : Pere Ubu & Paul Hamann
|
|
Différentes
Parutions |
|
Label |
Référence |
Pays |
Date |
Format |
|
Rough Trade |
Rough 14 |
UK |
1980 |
lp |
|
Rough Trade |
Rough US 4 |
USA |
1980 |
lp |
|
Rough Tr./Barclay |
200171 |
France |
1980 |
lp, mc |
|
Rough Tr./Base R. |
Rough 14 Y5 |
Italie |
1980 |
lp |
|
Rough Trade |
Rough CD 14 |
UK |
1989 |
cd |
|
Rough Trade |
Rough US 4 |
USA |
1989 |
cd |
|
Bomba |
BOM 818 |
Japon |
Mai 1999 |
cd (disponible) |
|
Cooking Vinyl |
COOK 157 |
UK |
Nov.1999 |
cd (disponible) |
|
Thirsty Ear |
THI 57079 |
USA |
Nov.1999 |
cd (disponible) |
|
S4 Records |
496674 |
Italie |
|
cd (disponible) |
|
Get Back |
GET 81 |
Italie |
2001 |
lp
180gr
(1000 copies) |
|
Get Back |
GET 90081 |
Italie |
2004 |
lp
140gr
vinyle rouge (édition limitée) |
|
|
|
Song
Of The Bailing Man (1982) |
|
Enregistrement
et éditions |
|
Enregistré et mixé
en août et décembre 1981 et janvier 1982 au studio Suma. Enregistré par Paul Hamann.
Trompette enregistrée à Londres.
A noter que l'édition vinyle originale "tourne" à 45
tours/minute !
David Thomas : voix
Mayo Thompson : guitare
Allen Ravenstine : synthétiseur EML
Tony Maimone : basse
Anton Fier : batterie, marimba, piano, percussions
Trompette : Eddie Thornton
Production : Adam Kidron
|
|
Différentes
Parutions |
|
Label |
Référence |
Pays |
Date |
Format |
|
Rough Trade |
Rough 33 |
UK |
1982 |
lp |
|
Rough Trade |
Rough US 21 |
USA |
Juin 1982 |
lp |
|
Rough Trade |
Rough CD 33 |
UK |
1989 |
cd |
|
Rough Trade |
Rough US 21 |
USA |
1989 |
cd |
|
Bomba |
BOM 819 |
Japon |
Mai 1999 |
cd (disponible) |
|
Cooking Vinyl |
COOK 158 |
UK |
Nov. 1999 |
cd (disponible) |
|
Thirsty Ear |
THI 57080 |
USA |
Nov. 1999 |
cd (disponible) |
|
S4 Records |
496675 |
Italie |
|
cd (disponible) |
|
Get Back |
GET 90 |
Italie |
2002 |
lp
180gr
(1000 copies) |
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