Discographie commentée
Période Historique
Des chroniques, des infos, etc. ... sur les albums de Pere Ubu

The Modern Dance (1978)

Chroniques

Rock & Folk, mai 1978
Tout est dit sur la photo qui figure au dos de la pochette : un paysage d'enfer, usines, voies de chemin de fer, avion qui décolle, ciel noir chargé de suies, et sur la passerelle qui enjambe le tout, un être fantomatique, trace du passage d'un homme.
Bousculade d'associations : Pere Ubu a sorti un simple, " Final Solution " et cette ombre sur le pont de fer, c'est aussi celle de l'homme d'Hiroshima, gravée dans la pierre par l'explosion atomique.
Dans les " Culbuteurs de l'Enfer " (Roger Zelazny, Chute Libre), c'est dans l'Ohio que le héros, Hell Tanner, rencontre un savant fou. Tout ça fait un collage parfait pour illustrer les chansons du Pere Ubu. Chansons est d'ailleurs un terme fort incorrect pour désigner les cris, les éructations, les plaintes de la bande à Crocus Behemoth.
Philippe Garnier (philosophe français, né au Havre en 1940 et quelques) avait bien raison quand il nous mettait en garde contre cette bande d'inquiétants prophètes (R & F N° 126).
Leur Modem World à eux, ce n'est pas celui des Jam, une histoire de sapes et de moditude. C'est Aujourd'hui dans ce qu'il a de plus inquiétant. Rien que les titres, pour en donner une idée, Pacte de Non-Alignement, Les Vagues de la Rue, Radiation Chinoise, La Vie Pue...
Et leur monde réel (" Real World ") s'écroule dans les cris et les dissonances après avoir cahoté sur un tempo beefheartien, parfaite expression de ce que peut être la schizophrénie urbaine, la cassure entre le corps et les émotions, la tête ailleurs que dans un crâne.
" Modern Dance ", voix qui cherche à se dépêtrer dans un entrelacs de métal, peau qui se déchire sur les pointes acérées des cent mille griffes de Metropolis. Je ne cite pas ce mot par hasard, Pere Ubu crée quelque chose qui ressemble beaucoup à l'expressionniste allemand d'avant-guerre, Robert Wiene (" Le Cabinet du Dr Caligari "), Fritz Lang (" M le Maudit ") : un art qui annonçait des événements terribles.
Pere Ubu cherche à foutre la trouille, et s'il y parvient, c'est qu'on sait bien qu'il a raison quelque part.
Alain DISTER

 

Rocks, mai 1978
Pere Ubu appartient, on le sait, à cette nouvelle coterie de groupes américains pour qui le son des
années 80 est déjà une réalité objective et il continue sans bruit, son invasion méthodique. Quelques semaines après le single " Modern Dance ", voici l'album du même nom.
Tout débute avec " Non Alignment Pact ",
panoramiques diaboliques dans l'espace stéréo. Crocus alias David Thomas peut alors, par ce chant énorme, balayer toutes les résistances, et il ne se prive certainement pas de le faire.
Modern Dance - le morceau - a été réenregistré et sonne encore mieux que le single, au niveau de cette voix gigantesque en particulier. II y a aussi au rayon des trucs déjà connus, une nouvelle version de Street Waves. La première face se termine sur Chinese Radiation, ballade pressurisée qui se transforme en rock terrifiant sous les exhortations de Crocus, déchaînant une foule imaginaire, avant de retomber sous les accords d'un piano majestueux. La face 2 s'ouvre sur un morceau de Peter Laughner, ex-membre du groupe " Life Stinks " (la vie pue), elle devait même puer un peu trop, Peter étant mort il y a quelques mois déjà.
Cette face est la plus étrange, la plus oppressante avec ce point d'orgue terroriste que constitue " Sentimental Journey " où, sur un fond de verre brisé, Crocus se lance dans un discours surréaliste, entouré d'un sax incontrôlé et d'une guitare monotone. De temps à autre, le tout vole en éclats sous les coups de boutoirs d'une batterie insensée et le disque se termine sur " Humor Me ", espèce de Reggae que traverse une splendide guitare asthénique.
Ce disque est en définitive un chant d'amour aux terreurs avenir, dont la photo du verso (Cleveland, la nuit, dans une version volontairement esthétique) donne une approche assez parfaite.
Alain FEYDRI

Enregistrement et éditions

"Street Waves", enregistré en octobre 1976 au studio Cleveland Recording pour le single du même nom, figure ici dans une version remixée.
"Non-alignment Pact" et "Modern Dance" ont été enregistrés en janvier 1977 dans le même studio. Modern Dance, paru aussi en single, a droit également à un remixage pour l'album.
Les autres titres ont été enregistrés au studio Suma en novembre 1977.

David Thomas : voix, musette (?!), percussion
Tom Herman : guitare, voix
Allen Ravenstine : synthétiseur EML, saxophones, bandes audio
Tony Maimone : basse, piano, voix
Scott Krauss : batterie

Production : Ken Hamann

Différentes Parutions

Label

Référence

Pays

Date

Format

Blank

001

USA

Janvier 1978

lp

Phonogram

9100 052

UK

Avril 1978

lp

Mercury

6338 874

International

Avril 1978

lp

Rough Trade

Rough 22

UK

Janvier 1981

lp

Rough Trade

Rough US 7

USA

Mars 1981

lp

Rough Trade

GI 22

Italie

1981

lp

Fontana

SF3 / 834 267

CEE

1988

lp/cd/mc (édition limitée à 1000 ex.)

Cooking Vinyl

Cook 141

UK

Juin 1998

cd (disponible)

Geffen

DGCD 25206

USA

Juin 1998

cd (disponible)

Bomba

BOM 812

Japon

Juin 1998

cd (disponible)

RTI

CKV 2114

Italie

cd (disponible)

Get Back

GET 54

Italie

Avril 1999

lp 180gr (1000 exemplaires)

Get Back

GET 90054

Italie

2004

lp 140gr vinyle rouge (édition limitée)

Silverline

284402-2

EU

2006

DualDisc (disponible)

"Modern Dance" et "The Terminal Tower" aurait été rééditée ensemble sur un double cd par le label Movieplay Gold (MPG74178).
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Dub Housing (1978)

Chroniques

Rock & Folk, janvier 1979
L'Père Ubu avait sûrement trouvé un truc pour son premier 33. J'avais réussi à l'écouter. Même à l'apprécier. Son délire infernal, incendiaire, de pyromane apocalyptique. Je marchais avec plaisir sur les débris des verres qu'il cassait. Au Gibus, quand il était passé en ce début d'été, j'étais au bord de la fournaise, déjà un tout petit peu en retrait. Déjà un peu déçue. Mes tympans vrillaient. Notre mur du son déjà déconnecté. Echolocation impossible. Défilaient irrémédiablement les images. C'était l'Père Ubu, et il avait un truc. Seulement le truc, c'est pas tout. Surtout quand il devient systématique. Comme cette seconde production. Sclérosée. Ennuyeuse. Décevante. Une fois que tout a explosé. Tout brûlé. J'ai soif de pureté. Ou de joie. De délire. Tout recommencer. Et les perpétuelles plaintes lassent. Je l'ai mis. Je n'ai rien entendu. Je l'ai remis. Inlassablement. Rien ne m'a émoustillée. Pire que l'ennui. La lassitude. "Navy". Des cloches. Des marteaux. Toujours le même tapage. La petite voix de bébé castré. Grincements. "On The Surface", ou le seul leitmotiv audible. Trois notes. Identiques et répétitives. Le S.O.S. du rachitique... ou du boulimique. Trois notes à dévorer. A conserver. Ce sont les trois seules que j'aurai à me mettre sous la dent. Aussitôt... suit l'embrouillamini. Le cafouillis. Le clafoutis. Le prince de la musique apocalytique et des fumées toxiques de Cleveland s'est autoasphyxié. II tousse et étouffe. Ces cris moribonds, morbides, ressemblent à des cornemuses écossaises possédées par des fantômes paralytiques. "Dub Housing" . "Caligari's Mirror". La décadence. Hymne mystique pour Hare Krishna et fans hystériques mystiques. "Thriller". Une voix de l'au-delà. Une craie qui dérape sur un tableau noir. Ce n'est pas insupportable, c'est insignifiant. Ubu ne ternira pas ma bonne humeur, ce n'est pas lui qui décolorera mon bonheur.
Pascale JUGE

Atem*, 1979
Il est évident que la musique de Pere Ubu s'inscrit dans le courant du nouveau rock industriel. Mais elle s'en éloigne aussi dans la mesure où, pour la première fois, nous avons avec "Dub Housing" une contre-proposition à ce son agressif qui est la carte de visite des orchestres des cités du béton. Bien sûr, Devo sera pris comme référence à l'écoute de la voix distanciée de "Navvy" ou de "I Will Wait"; la musique, cependant, est bien plus forte, introduisant un peu de l'élégance de Ultravox ou de la sobriété de Talking Heads ... Car ce qui fait l'originalité de Pere Ubu, c'est cette synthèse entre le nouveau rock new-yorkais et les recherches plus aventureuses des formations isolées comme Throbbing Gristle ou les Residents. Vous devez écouter absolument "Dub Housing" de Pere Ubu, Cleveland, Ohio, USA.
Pascal Bussy
* revue créée par Gérard Nguyen consacrée à des musiques différentes (Henry Cow, Nico, Robert Wyatt, Univers Zéro, The Residents ...). 16 numéros entre 1975 et 1979.

 

Enregistrement et éditions

Enregistré et mixé au Studio Suma les 31 juillet et 1er août, du 7 au 10 août, du 28 au 31 août, du 4 au 7 septembre, les 14 et 15 septembre, du 17 au 20 septembre et du 22 au 24 septembre 1978. Des portions de "Thriller !" ont été enregistrées au Discohome à Cleveland.

Durant les sessions de transfert digital en 1994, Paul Hamann a découvert que la seconde face des éditions vinyles Chrysalis/Phonogram était légèrement distordue.

David Thomas : voix, orgue, musette (?!), percussion
Tom Herman : guitare, basse, voix
Allen Ravenstine : synthétiseur EML, saxophones
Tony Maimone : basse, piano, guitare, orgue, voix
Scott Krauss : batterie, orgue, percussion

Production : Pere Ubu & Ken Hamann

 

Différentes Parutions

Label

Référence

Pays

Date

Format

Chrysalis

1207

Uk

Nov. 1978

lp

Phonogram

6307 046

France

Nov. 1978

lp

Base Records

Base 40141

Italie

?

lp (??)

Chrysalis

12017

USA

Avril 1979

lp

Rough Trade

RB 1

Hollande

1985

lp

Rough Trade

Rough US 14

USA

1989

cd

Rough Trade

Rough 6002

UK

1989

cd

Bomba

BOM 816

Japon

Déc. 1998

cd (disponible)

Cooking Vinyl

Cook 170

UK

Mars 1999

cd (disponible)

Thirsty Ear

THI 57069

USA

Juin 1999

cd (disponible)

RTI

CKV 2153

Italie

cd (disponible)

Get Back

GET 58

Italie

1999

lp 180gr (1000 copies)

Get Back

GET 90058

Italie

2004

lp 140gr vinyle rouge (édition limitée)

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New Picnic Time (1979)

Chroniques

Rock & Folk, mars 1980
Le disque est arrivé comme ça, par surprise. Pere Ubu. Chaque disque, un miracle. Mais leur musique est devenue si sereine que je suis sûr que s'ils avaient vécu à l'époque de Dion and the Belmonts ou Paul Anka, ils auraient réussi à se faire entendre. "It's me again..." annonce David Thomas, avec sa voix à faire la pige à Mel Blanc. Et de fait. C'est bien lui. Plus louf que jamais, plus inspiré que jamais. L'esthétique du cri revue et corrigée par le dessin animé. "Have Shoes, Will Walk", ils ont sorti ça en simple en Angleterre, si vous pouvez imaginer... (Il y avait un feuilleton télévisé intitulé "Have Gun, Will Travel" dans les années 50). Imaginez Pere Ubu dans tous les boxes. Le monde serait peut-être plus sain. Une de mes favorites, c'est "49 Guitars And One Girl" . "Dont panic !", exhorte Thomas sur fond de cacophonie hawaïenne. Musique pour deux cents solex. Musique à faire cailler le lait. Musique à faire pousser les plantes, musique pour endormir bébé. Des mélodies ou des comptines aussi simples que des hochets. Pere Ubu ne fait pas de la musique qui S'IMPOSE. Pere Ubu fait de la musique qui vous laisse la place de respirer. Qui s'infiltre entre les lames de parquets ou entre les lobes frontaux. C'est la victoire de la fantaisie sur le sérieux (voir l'hilarant "One Less Worry" et le coup de chapeau à Tex Avery via le chien neurasthénique Droopy), triomphe de la légèreté sur la gravité (et David Thomas, comme tous les grands hommes de poids, en connaît un rayon sur la question), triomphe de la volonté ludique sur les impératifs du business.
Chaque chanson est une vignette, ou une texture, ou une lucarne. Musique tactile comme avec "The Voice Of The Sand" ("The sailors understand/There's far more sea than sand"). Musique slapstick comme "One Less Worry" (dans lequel Thomas révèle ses talents de comédien). Dance party time comme avec "Jehovah's Kingdom Comes !". Et une mélopée à méandres qui me fera peut-être oublier "Codex", "All The Dogs Are Barking". Pere Ubu, c'est une unité : les mêmes gens, le même producteur, le même studio et même le même photographe (Mike Mellen, qui habite dans le même immeuble ancien-bordel-de-Rockefeller sur Prospect Avenue). Ce qui sous-tend cette musique liquide, fantasque et rigoureuse à la fois, c'est la tranquille détermination qui semble animer ces cinq individus. C'est la musique la plus saine que je connaisse. Et le fait qu'elle nous vienne de cinq individus farouchement déterminés à rester à Cleveland est peut-être un signe de plus qu'ils nous font. Je voudrais surtout pas sonner mystique ni rien, mais quand j'entends les informations et toutes les merdes qui arrivent et tous les sonneurs d'apocalypse, cela me réconforte de savoir que quelque part, LA BAS, cinq mecs font de la musique à faire repousser tout ce qui est mort. Comme le suggèrent peut-être les rayures aqua-marine de la pochette, c'est aussi de la musique pour vous laver les dents avec. Pas TOUT A FAIT un picnic. Seulement un picnic si on accepte les fourmis. Quelqu'un d'autre a dit ça. Search me.
Philippe GARNIER

Best, février 1980
En musique les sons synthétisés sont couramment employés parce qu'ils satisfont les perspectives mentales toujours plus ambitieuses. Le propre d'un musicien est de se nourrir des progrès scientifiques physiques et mécaniques de son temps. Pere Ubu produit depuis deux ans un rock'n' roll moderne tellement physique, provoquant une espèce de profonde atrophie sonore qui semble avoir marqué de façon indélébile la conscience des quelques auditeurs, rares, il est vrai, que la secte de Cleveland, Ohio draine depuis " Modern Dance " et " Dub Housing " (78 et 79). Pere Ubu a été incontestablement un des responsables de la vulgarisation du son électronique le poussant vers des limites quasi nucléaires, tout en restant attractif et en produisant l'une des musiques les plus sauvagement dansantes de la décennie passée (" 30 Seconds Over Tokyo " et " Final Solution "). Voilà pour la forme qui d'ailleurs s'apparente aux exigences artistiques de David Thomas, Allen Ravenstine et les autres. " New Picnic Time " est un disque lépreux, horrible mais vital, c'est un peu la boite noire de l'astronef terre lorsque celui-ci s'écrasa et où sont méticuleusement enregistrées toutes les péripéties et l'hystérie collective qui précéda la lente désagrégation du genre humain au seuil des années 80. On y entend " Goodbye ", l'adieu, " The Voice Of The Sand " , la voix du sable, " Jehovah's Kingdom Comes ! ", le retour au religieux dans les Etats Unis d'Amérique, la fabuleuse séquelle, " Have Shoes Will Walk ", " 49 Guitares et Une Fille ", " Un Petit Nuage Noir " et le final " Tous les Chiens Aboient " . Un Opéra pour les ténèbres et une incantation pour la pureté, un exorcisme radioactif; un grand sabbat dont vous êtes le sacrifice. La musique de Pere Ubu enfle au fil des albums. Le prochain ne sera-t’il qu'un long et sinistre silence ? On ne le souhaite pas, bien que la démarche d'Ubu soit irrémédiablement non-commerciale. Tout est pourtant extrêmement simple.
Si je vous disais que les kids de l'Ohio alimentent leurs parties avec Ubu et de l'Angel Dust, comme d'autres se goinfrent avec Blondie et du Coca Cola. Ils existent. Pour eux ce n'est vraiment que le temps d'un nouveau picnic où le soleil n'est qu'une pastille, un halo étouffé. Les enfants de la nouvelle cécité. La musique les oriente. Les chiens se contentent des restes.
Francis DORDOR

Gig, n°5, avril 1980
Pere Ubu compose une musique qui glace. Iceberg bleu dans une mer gelée ... Mais il produit aussi quelques clins d'œil et quelques sourires ... Oui, Oui, il possède de l'humour et c'est très fort. Après la fonte du glacier, le liquide réchauffé vous glisse entre le cartilage et les os ... Découvrez-le, je retourne dans ma banquise. Have Shoes Will Walk ... All the Dogs Are Barking ... Side Two ...

 

Enregistrement et éditions

Enregistré et mixé du 21 au 30 mai et du 4 au 28 juin 1979 au studio Suma.

Durant les sessions de transfert digital en 1994, il a été découvert que l'on pouvait ajouté ou soustraire 12db n'importe où sans changer pour autant le paysage sonore. Ce mystère provient des sessions originales de mixage en 1979. Le pressage original Chrysalis et les rééditions cd Rough Trade sont concernés par ce problème.

La chanson intitulée "Jehovah's Kingdom Comes !" sur l'édition originale Chrysalis change son titre en "Hand A Face A Feeling" sur la réédition Rough Trade de 1989 pour devenir simplement "Kingdom Come" chez Cooking Vinyl en 1999 !

David Thomas : voix, flûte à bec
Tom Herman : guitare, basse, pan-gong, voix
Allen Ravenstine : synthétiseur EML, piano, dés
Tony Maimone : basse, guitare, orgue, piano, voix
Scott Krauss : batterie, percussions

Production : Pere Ubu & Ken Hamann

 

Différentes Parutions

Label

Référence

Pays

Date

Format

Chrysalis

CHR 1248

UK

Sept. 1979

lp

Chrysalis

6307 678

Allemagne

Sept 1979

lp

Rough Trade

RB 2

Hollande

1985

lp

Rough Trade

Rough 6003

UK

1989

cd

Rough Trade

Rough US 20

USA

1989

cd

Bomba

BOM 817

Japon

Décembre 98

cd (disponible)

Cooking Vinyl

COOK 171

UK

Mars 1999

cd (disponible)

Thirsty Ear

THI 57070

USA

Juin 1999

cd (disponible)

RTI

CKV 2154

Italie

cd (disponible)

Get Back

GET 59

Italie

1999

lp 180gr (1000 copies)

Get Back

GET 90059

Italie

2004

lp 140gr vinyle rouge (édition limitée)

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The Art Of Walking (1980)

Chroniques

Rock & Folk, décembre 1980
Ah, tous ces David ! Quels charmants garçons ! David Bowie - qui n'a vraiment rien d'un "scary monster"; - me trouble. David Byrne, le génial docteur, me fascine. Quant à David Thomas, ce haut représentant de la gent ubuesque, j'ai pour lui une très grande sympathie. Comprenez bien, je lui dois une fière chandelle : quelques secondes de "New Picnic Time" suffisent pour me réconcilier avec la vie. Rien que sa voix, rien que le formidable gazouillis de la musique, et voici que le destin titube honteusement, et voici que les plantes vertes se redressent et que tout respire enfin. Ça, c'est le pouvoir de Pere Ubu.
Ce bon David Thomas est un artiste en tous genres. "The Art Of Walking"... L'art d'avancer, celui de mettre un pied devant l'autre - et tant pis si l'on est de guingois - et de recommencer. Imperturbablement (en bon pataphysicien). Sans oublier quelques pirouettes. Cette musique est un véritable pied de nez à tous ceux qui se contentent du surplace. Le groupe se nomme Pere Ubu, et ce n'est pas pour rien. Ca nous permet de considérer d'emblée chaque nouveau disque avec une sorte de sourire intérieur, forme latente du plaisir. Utopie ? Non : ici, la fantaisie est liée à la conscience. La musique est élastique, c'est à dire très rigoureuse. De là vient toute la générosité d'un groupe qui sait rester touchant et chaleureux même aux confins de l'expérimentation ("Arabia", "Lost In Art", "Miles").
Pere Ubu a quitté Chrysalis pour Rough Trade, mais en revanche, producteur, graphiste et photographe sont ceux de toujours. Ce qui prouve que David Thomas a de la suite dans les idées, si bizarres soient-elles. Bien sûr, à la première écoute, "The Art Of Walking" déçoit un peu : il faut presque tendre l'oreille, le son semble plus maigre et ne possède pas en tout cas l'évidence à laquelle nous étions habitués. En fait, cette retenue, devient vite une jouissance et David Thomas n'est pas un timide. Ni un timoré. Il sait se faire entendre sans s'imposer, voilà tout. Seulement, la guitare de Tom Herman était charnelle et Mayo Thompson est aujourd'hui plus impalpable. Avec cet incroyable son rouillé ("Loop", "Rounder"). C'est à Mayo que l'on doit "Horses", et j'avoue avoir un petit faible pour cette ritournelle dissonante dans laquelle Allen Ravenstine, aux claviers, aime bien l'acidité synthétique. Voici le genre de mélodie que l'on aimerait entendra à la radio le matin quand les voisins de palier partent au turbin. Pas étonnant d'apprendre que Mayo voue un véritable culte à Françoise Hardy !
Le morceau précédent, "Lost In Art", est franchement inouï et hystérique. Très théâtral. Et "Rhapsody In Pink vous est aussi hautement recommandé. "That's my story "... avoue ce tordu de Thomas à la fin de son délire. Sûr, il connaît la "science des solutions imaginaires". Pere Ubu transforme tout ce qu'il touche. Même le spleen ! L'angoisse est aussi parfois au fond des sillons, mais Pere Ubu offre un art heureux et épanoui. Ça fera du bien à ceux qui flashent un peu trop sur Joy Division depuis quelques mois : ce qui est beau n'est pas toujours désespéré. Dans ce disque, on sent la sève, on respire l'humus sous l'asphalte des avenues. Et David Thomas chante comme s'il allait atteindre l'orgasme dans la minute suivante. Avec cette sorte d'excitation sensible qui renforce les certitudes les plus déraisonnables. Rien à voir avec les détenteurs de la connaissance new wave et autres falsificateurs modernes. Non, vraiment, Pere Ubu ne vous attire pas par quelque espérance trompeuse et ne chipote pas sur les sentiments. En plus de sa poésie sonore, il vous offre le luxe de l'humour. Allez, en piste les excentriques. Marcher au pas d'Ulm, ce n'est pas faire du jogging.
Eudes VELOUTE.

Moderne, 3ème trimestre 1981
Pere Ubu, c'est la musique de l'après-guerre. Un conflit atomique vient de ravager la presque totalité de la planète, les quelques survivants sont de véritables mutants ravagés par les irradiations et les bactéries synthétiques dévastatrices. Il continue cependant à s'entretuer sauvagement. (?? : note du webmaster !)

New Wave n° 9, mai 1981
Et une galette sinistre de plus : les délires du Pere Ubu avec sa musique sombre, ses distorsions vocales, sa schizophrénie effrénée, ubuesque et dantesque. Une nouvelle pierre de l'ère post atomique.

 

Enregistrement et éditions

Enregistré et mixé en janvier 1980 au studio Suma. Enregistré par Paul Hamann

Deux versions de cet album sont sorties. A l'origine, "Arabia" était un instrumental. A la suite de remarques de "commerciaux" pensant qu'il y avait trop d'instrumentaux sur l'album, David Thomas a enregistré un texte et le morceau fut renommé "Arabia Nights". "Young Miles In The Basement" fut raccourci et un second master préparé. Une erreur à l'usine de fabrication a fait que le premier master, l'original, fut utilisé pour le premier pressage. Les pressages suivants furent réalisés à partir du master corrigé. A noter que, quelque soit le pressage, le titre imprimé sur la pochette est "Arabia" et non pas "Arabia Nights". C'est le cas de l'édition française réalisée par Barclay à partir du master corrigé.
Le coffret "Datapanik In The Year Zero" restaure le disque dans sa forme originale, avec l'instrumental "Arabia" et la version plus longue de "Young Miles In The Basement". Lors de la préparation du coffret, une version inédite de "Misery Goats", avec une partie de guimbarde, fut trouvée et utilisée à la place de l'originale.
Les dernières rééditions cd, Cooking Vinyl et Thirsty Ear, utilisent la même version que celle du coffret avec "Arabia Nights" en titre bonus.

Pour finir, il faut noter que les lettrages et les dessins de danseurs sont verts sur les différentes éditions et rééditions.
Il existe toutefois une édition italienne où la pochette est avec lettrage et dessin en jaune. Cette édition, sortie en 1980, se voit doter d'un vinyle avec pour nom de label "Base Records". Le master utilisé est le master original, non corrigé et comportant "Arabia"
Ouf !

David Thomas : voix, orgue Vox Continental Baroque, batterie sur "Lost In Art"
Mayo Thompson : guitare, piano, choeurs, voix sur "Loop" et "Horses"
Allen Ravenstine : synthétiseur EML
Tony Maimone : basse, orgue, piano
Scott Krauss : batterie, cuivre, piano, percussions électroniques

Production : Pere Ubu & Paul Hamann

 

Différentes Parutions

Label

Référence

Pays

Date

Format

Rough Trade

Rough 14

UK

1980

lp

Rough Trade

Rough US 4

USA

1980

lp

Rough Tr./Barclay

200171

France

1980

lp, mc

Rough Tr./Base R.

Rough 14 Y5

Italie

1980

lp

Rough Trade

Rough CD 14

UK

1989

cd

Rough Trade

Rough US 4

USA

1989

cd

Bomba

BOM 818

Japon

Mai 1999

cd (disponible)

Cooking Vinyl

COOK 157

UK

Nov.1999

cd (disponible)

Thirsty Ear

THI 57079

USA

Nov.1999

cd (disponible)

S4 Records

496674

Italie

cd (disponible)

Get Back

GET 81

Italie

2001

lp 180gr (1000 copies)

Get Back

GET 90081

Italie

2004

lp 140gr vinyle rouge (édition limitée)

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Song Of The Bailing Man (1982)

Enregistrement et éditions


Enregistré et mixé en août et décembre 1981 et janvier 1982 au studio Suma. Enregistré par Paul Hamann. Trompette enregistrée à Londres.

A noter que l'édition vinyle originale "tourne" à 45 tours/minute !

David Thomas : voix
Mayo Thompson : guitare
Allen Ravenstine : synthétiseur EML
Tony Maimone : basse
Anton Fier : batterie, marimba, piano, percussions
Trompette : Eddie Thornton

Production : Adam Kidron

 

Différentes Parutions

Label

Référence

Pays

Date

Format

Rough Trade

Rough 33

UK

1982

lp

Rough Trade

Rough US 21

USA

Juin 1982

lp

Rough Trade

Rough CD 33

UK

1989

cd

Rough Trade

Rough US 21

USA

1989

cd

Bomba

BOM 819

Japon

Mai 1999

cd (disponible)

Cooking Vinyl

COOK 158

UK

Nov. 1999

cd (disponible)

Thirsty Ear

THI 57080

USA

Nov. 1999

cd (disponible)

S4 Records

496675

Italie

cd (disponible)

Get Back

GET 90

Italie

2002

lp 180gr (1000 copies)

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