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11 mars 2007

Rééditions des albums Fontana
Universal s'est enfin décidé à rééditer les albums des Années Fontana. Les quatre disques, The Tenement Year, Cloudland, Worlds In Collision et Story Of My Life sortiront sur Mercury le 16 avril 2007.

The Tenement Year
L'album a été remastérisé par David Thomas et Paul Hamann les 23 et 23 janvier derniers au studio Suma. Un mix alternatif de "Dream The Moon" a été substitué au mixage original. En bonus, on trouvera les deux b-sides du simple de l'époque "We Have The Technology" (Postman Drove A Caddy et The B-Side), deux "John Peel Session" (Miss You et We Have The Technology) ainsi qu'un mix alternatif de "The Hollow Earth".

Cloudland
Egalement remastérisée, cette édition reprend certains mixes o
riginaux de Paul Hamann réalisés au studio Paisley Park de titres réenregistrés ou remixés à Londres en 1989 pour l'édition originale du disque (Monday Night, Lost Nation Road, Nevada !, The Wire, The Waltz et Pushin'). En bonus, deux b-sides (Wine Dark Sparks et Bang The Drum), un mix alternatif de "Breath", une Peel Session (Bus Called Happiness) et le Cajun House Mix de "Love Love Love" initialement paru sur un maxi.

Worlds In Collission
Pas de remastérisation mais quatre b-sides en bonus (Around The Fire, Down By The River, Like A Rolling Stone et Invisible Man).

Story Of My Life
Sans remastérisation également, cette édition comporte aussi quelques bonus : un mix signé Stephen Hague de Come Home, une b-side (Fedora Satellite) et trois vrais inédits, initialement prévus pour des simples jamais sortis (Gripless, Through The Windshield et Stoughton 529).

L'ensemble du packaging a été revu par John Thompson et chaque album fait l'objet de nouvelles notes signées David Stubbs.
Attendez-vous a devoir réévaluer cette période de la vie du groupe. Les remastérisations de The Tenement Year et Cloudland sont particulièrement étincelantes. Les trois inédits surprennent !
J'en profite pour avouer ici mon gros faible pour Story In My Life, dont la tournée de promotion était passée par Paris. Le groupe tournait à l'époque avec Garo Yellin (violoncelle électrique) et Michele Temple récemment intégrée.

Pere Ubu en tournée européenne
Le groupe revient parcourir l'Europe en avril après quelques dates aux USA (du 3 au 8). Enfin, parcourir est un bien grand verbe, seuls la Suisse, l'Allemagne et les pays nordiques auront droit à la visite du groupe. Le groupe ira du 20 au 30 avril de Luzerne à Oslo en passant par Bern, Stuttgart, Copenhagen ou encore Stockholm.

Rip It Up And Start Again
Les éditions Allia sont décidément ce qui se fait de mieux par ici en matière de bouquins sur le rock. Elles viennent de sortir le pavé de Simon Reynolds "Rip It Up And Start Again" consacré au postpunk de la période 1978-1984. Comme d'habitude avec cet éditeur, mise en page et composition sont soignées. Chapître 3, page 63 : "Uncontrollable Urge, le grotesque industriel de Pere Ubu et de Devo". Bonne lecture.

 

21 octobre 2006

Lait de ferme ... Pere Ubu à la Laiterie, Strasbourg, France, 14 octobre 2006
La scène se déroule à La Laiterie, salle strasbourgeoise. L'accueil est revêche comme à l'accoutumée avec le vigile-butor, hôte peu engageant! Le public bigarré et peu fourni se presse autour du bar où un gobelet de 12 cl de la petite bière H*in*k*n se vend 2 Euro 50 !
Stupéfaction!
Les hostilités commencent avec les imposteurs anodins "Frigo". Un set sans coeur, sans âme, sans entrailles avec deux astuces stylistiques. Le vain paraître achevé dans toute sa complétude avec musique congelée. Pas de quoi fouetter un chat avant que ces imbéciles partenaires et particuliers chansonnés et tancés d'importance la veille par David Thomas ne dégueulent Pere Ubu! Là, faudrait la machine à mornifles ! Pas moins ! Fin de la purge ! Applaudissements mols - clap et clap! Pas de revenez-y !
Entr'acte !
PERE UBU ENFIN ! Un martèlement-maelström (Steve Mehlman) à déchausser la mâchoire compliqué d'une basse (Michele Temple) qui brondit, qui terrorise, qui emporte le morceau ; une puissance de feu telle qu'elle panique les pleutres ... . Y'a pas ! Nous avons là l'infrastructure du meilleur groupe de rock du monde !
IL SERAIT TEMPS QUE CA SE SACHE !
Quant à la superstructure, elle ne déroge en rien noblesse ! Les machines de Robert Wheeler gosillent le barouf de l'usine et la guitare de Keith Moliné égrène ses arpèges sub-lunaires!
David Thomas (Colossal, Matois, Goguenard, HUMAIN) chante chagrins et fols espoirs comme personne avant lui ! Un tel bonheur d'expression irritera toujours les envieux ! Nous avons sans déni possible en la Femme et les Hommes énergiques de Pere Ubu nos Elvis Presley!
David Thomas absorbe jatte de bière sur Cognac sur jatte de bière sans que cela ne lui joue des tours! Il darde son index, les yeux mi-clos
et toise pince-sans-rire de sa très haute stature la frêle Michele Temple auréolée d'un halo de cheveux blonds. Il taquine volontiers Robert
Wheeler. Campé fermement sur ses positions et sur sa chaise entre deux grands airs, il scrute placide le public pendant qu'à l'entour, Pere Ubu relate la fin du monde en un tintamarresque hourvari harmonieux / disharmonieux !
Nous avons eu droit à la quasi-intégralité du dernier album (le seul disque qu'il est nécessaire d'acheter en 2006), entre deux déflagrations (Folly of Youth), quelque accalmie avec Perfume et des versions Dynamites Pur Propergol de "Non Alignment Pact" et "Street Waves", une visitation de "Final Solution" presque enjouée, enfin à mon sens !
Notons que Pere Ubu est comme surmultiplié sur scène, bien meilleur que sur disque ! Le fait est suffisamment rare pour être surligné !
A la fin après des applaudissements nourris et fervents, David Thomas vend en bord de scène le dernier Pere Ubu et son Remix. Je n'ai pas osé le saluer, encor'ébaubi ! C'est que je tiens cet homme pour un génie incontestable, et que ça m'impressionne !
Philippe Incohérent

Samedi 14 octobre 2006, Strasbourg, La Laiterie

Slow Walking Daddy
Babylonian Warehouses
Caroleen
Electricity
Flames Over Nebraska
Folly of Youth
Love Song
Modern Dance
Mona
Phone Home Jonah
Sad.txt
Stolen Cadillac
Two Girls (One Bar)
Wheelhouse
(encore)
Dark
Final Solution
Non-Alignement Pact
Perfume
Street Waves

 

Toutes les photos ci-dessus sont signées Alex Horn et ont été prise le vendredi 13 octobre à Paris

Autre joyau noir et incandescent
Rappelons que Mr Steve Mehlman officie également dans Roué (Cleveland / USA) et que, parfois, il faut savoir ne pas passer à côté du bonheur ... Soft & Easy

15 octobre 2006

Rien ne va plus ... Pere Ubu au Nouveau Casino, Paris, France, 13 octobre 2006
Le Nouveau Casino est un club un peu glauque tenu par des limonadiers de la rue Oberkampf. J'y arrive un peu avant 5 heures. Sans nous être vraiment donnés rendez-vous, je tombe tout de suite sur Alex, éminent membre de la liste de discussion française " ubudance ". Nous faisons connaissance autour d'une bière. Sur place depuis une petite heure, Alex a vu le groupe arriver, entrer son matériel dans la salle puis bizarrement ressortir avec !
Vers six heures, j'aperçois Keith Moliné et Dids, l'homme du son, qui entrent dans le bar et je les salue. Je demande à Keith s'il peut vérifier que je figure bien sur la guest-list. Je n'ai pas de billet ce soir ! Il me dit qu'il n'y a pas de problème mais ajoute un peu inquiet qu'il ne sait pas si le groupe va jouer. Stupeur et début de tremblements chez Alex et moi. Il semble que le groupe rencontre pas mal de problèmes techniques.
Le reste du groupe s'installe au fond du bar. Alors que j'approche de leur table, David Thomas répond à une question d'un énorme "because they are fucking french people". L'ambiance semble bonne ! Je salue tout le monde, embrasse Michele Temple et retourne prudemment à ma table.

Echec de deux tour-managers amateurs.
Quelques instants plus tard, Michele s'approche et nous demande si nous pouvons les aider. L'organisateur n'a pas prévu de stationnement pour le van du groupe, un beau Mercedes, 2,6 m de haut pour environ 9 de long ! Alex et moi nous lançons alors dans cette folle quête : un parking pouvant accueillir un tel véhicule, dans cette partie du 10ème arrondissement aux rues parfois étroites. Pour le moment, le camion est en double file dans la rue. Mission impossible ? Impossible n'est pas français ? Si. Nous échouerons, lamentablement, après près de deux heures de recherche. Les parkings du quartier ne sont pas adaptés ou leurs responsables ne font pas preuve de bonne volonté. Je rejoins le groupe qui discute dans la rue. Alex est déjà avec eux. Il avait trouvé une solution dans un parking privé mais la mine patibulaire du gardien n'a pas rassuré les musiciens. Il me reste une dernière piste pour ce foutu parking, à quelques rues de là. Michele, tout en nous remerciant, me dit de laisser tomber : finalement, Steve Melhman passera la nuit dans la camionnette avec le matériel.
Tout au long de nos discussions, nous apprenons que les relations sont très tendus avec l'organisateur français qui n'a pas respecté tous ses engagements. Le groupe n'a pas pu faire de sound-check. Frigo, le groupe français de première partie, occupait la scène à l'arrivée de Pere Ubu et visiblement n'a pas voulu laissé la place.

Frigo : au congélateur !
A 20 heures passées, nous entrons dans le club en compagnie de Keith, Robert Wheeler et Dids. Frigo, groupe congelé, nous assourdit avec une musique sans aucun intérêt sortie des profondeurs de la Cold-Wave des eighties. Nous battons en retraite !
Un peu avant 21 heures, la salle est pleine. Les musiciens de Pere Ubu montent sur scène pour installer leur matériel. Fait inhabituel, David Thomas les rejoint et vérifie si ses micros sont en bon état de marche. Après quelques instants, il s'adresse au public pour dire que le groupe va devoir faire un rapide sound-check puisqu'il n'en a pas eu l'occasion avant. Le groupe enchaîne sur un Folly Of Youth de quelques secondes puis repart dans les coulisses.

"Women, listen women, one day, I will be your man ..."
Les lumières s'éteignent, le groupe monte sur scène, le public manifeste, déjà.
Après le premier titre, "Slow Walking Daddy", David se met à hurler en sautant en l'air et à insulter les "fucking Frigo", ce "fucking french band"; "bien plus important que Pere Ubu", c'est bien connu, en se demandant depuis quand les "support-band" empêchaient le groupe principal de faire un "fucking sound-check". Il demande au public de ne jamais acheter un " fucking record " de ces " fucking Frigo ". La foule s’engage ... . Ambiance … .
Toute la tension accumulée au long de l'après-midi explose et sert de carburant au groupe pour ce que je peux considérer comme mon meilleur concert de Pere Ubu. La puissance montera d'un cran à chaque titre. "Caroleen" suit "Babylonian Warehouses". Les titres du nouvel album ont une place de choix sur la set-list. "Flames Over Nebraska" est proprement ahurissant. Des chansons plus anciennes, "Folly Of Youth", "Modern Dance" ou encore la merveilleuse "Sad.txt" alternent avec les "Love Song", magique, "Mona", "Stolen Cadillac" et "Two Girls (One Bar)". David est en excellente forme, cabotine encore et toujours, grimace, sourit. Il commente avec plein d'humour le titre à venir. Robert Wheeler saute et danse tout en sortant à l'aide de grands gestes de son "homemade" Theremin des sons hallucinants. Steve Mehlman frappe, frappe et cogne encore ses fûts. Batteur magique ! La basse de Michele ronfle et gronde. Michele, véritable chef d'orchestre, surveille tout et garde un œil sur David. Keith semble impassible tout en maltraitant sa guitare. La salle hurle ! "Weelhouse". Fin. Le groupe quitte la scène.

Encore !
Michele Temple remonte sur scène, empoigne sa basse et les premières notes de " Dark " surgissent. Elle est rejointe par David et nous assistons à un superbe duo voix et basse. Le reste du groupe les rejoint pour une merveilleuse version du titre. Le groupe enchaîne alors avec " Final Solution ". Les plus jeunes des spectateurs pogotent, d’autant plus que le " Sonic Reducer " vrombit ! Puis une dantesque version de " Street Waves ", au milieu de laquelle David s’en prend à nouveau à Frigo, vient conclure l’affaire.
David toujours souriant, s’assoit, vend à la pelle ses disques et répond favorablement à toutes les sollicitations. Quelques spectateurs ont du mal à quitter la salle. Robert Wheeler vient gentiment me taper dans le dos en sautillant de joie, " I’m so glad " me déclare-t-il ! Michele nous paie une bière. Avant de partir, chacun des musiciens nous salue et nous remercie encore et encore pour nos vains efforts de l’après-midi ... mais non, c’est NOUS qui vous remercions !
Charlie Dontsurf.

Grosses bises à Sue et Valérie. Merci à Alex.

Vendredi 13 octobre 2006, Paris, Nouveau Casino

Slow Walking Daddy
Babylonian Warehouses
Caroleen
Electricity
Flames Over Nebraska
Folly of Youth
Love Song
Modern Dance
Mona
Phone Home Jonah
Sad.txt
Stolen Cadillac
Two Girls (One Bar)
Wheelhouse
(encore)
Dark
Final Solution
Sonic Reducer
Street Waves

 


A droite, manuscrite, la set-list originale du concert

"Why I Remix Women", premières impressions
Au début, on se dit qu'on ne va pas écouter ça tous les jours. Après, on l'écoute tous les jours ...

1001 Albums
Publié sous la direction de Robert Dimsey, préfacé pour son édition française par Michka Assayas et en 930 pages, ce pavé vous propose les 1001 albums, qu'il faut avoir écoutés dans sa vie (Rock, Hip Hop, Soul, Dance, Pop ...) ! C'est paru chez Flammarion et cela paraît pas mal foutu du tout. Parmi ces 1001 perles (?), Modern Dance et Dub Housing.

Modern Dance dans Rock & Folk, n° 471, Novembre 2006
A l'occasion du renouvellement par la Fnac de son opération "imports à 6,99 €", Nicolas Ungemuth passe en revue quelques perles discographiques. Parmi elles, Modern Dance ...
"Les amateurs de rock and roll punk torturé ont de quoi se réjouir avec la réédition à un prix ridicule du classique de l'Ubu. Au programme des réjouissances, les guitares qui ont tant marqué Joy Division et le chant féroce de David Thomas hurlant ces hymnes à la joie que sont "The Modern Dance", "Life Stinks" (extrait : "Life stinks, Gimme a drink, I love the Kinks") ou "Chines Radiation". Avec, en prime, une pochette que devrait adorer les fans de Franz Ferdinand."

The Definitive Story of the CBGB : The Home of US Punk
A paraître vers le 23 octobre, une double compilation cd pour laquelle le titre dit tout. En compagnie des Television, Blondie, Velvet, Devo et autres Bush Tetras, Pere Ubu (Final Solution) et Rocket From The Tombs (Never Gonna Kill Myself Again). Il ne semble pas que les versions proposées soient des enregistrements live.

1er octobre 2006

"Why I Hate Women", le nouvel album est enfin sorti !
Très belle chronique dans Rock & Folk d'octobre (n°470) signée Gilles Garrigos ... "Joyau noir et incandescent et sans contexte un sommet de l'oeuvre ubuesque. Une merveille."
La presse européenne ou américaine n'est pas en reste. Uncut (GB, n°113, octobre 2006) : "(un disque) qui se range à côté de leurs premiers chefs d'oeuvre". Musikexpress (All, octobre 2006) : "Babylonian Warehouses est la meilleure chanson de Pere Ubu". Orange County Weekly (USA, septembre 2006) : "Ce disque est une chevauchée frissonante d'un bar où "the beer don't work on me" jusqu'aux grands restaurants familiaux du Texas ... Mes compagnons Américains, réveillez-vous et réclamez votre véritable héritage !".

Pourquoi j'aime ce disque !
30 ans de carrière, 13ème album studio. Il est indéniable qu'avec ce nouveau disque Pere Ubu continue d'avancer. Aller de l'avant était un des principes fondateurs du groupe en 1975 et il est toujours appliqué aujourd'hui.
Vous êtes littéralement pris à la gorge, abasourdis, dès les premières notes du disque. Le trio synthé/basse/batterie vous saute en pleine figure dès
Two Girls (One Bar). Il ne vous lâchera plus jusqu’à Texas Overture. Pas un temps mort, une présence énorme. La guitare de Keith Moliné s’impose à vous après, efficacement. Du riff étincelant de Caroleen, à la Rocket From The Tombs, au phrasé luxuriant de Mona. Faut-il parler de David Thomas ? Est-ce nécessaire ? Cette voix … sur des textes qui parlent d’amour, qui parlent de relation avec les femmes …. David Thomas écrit les plus belles chansons d’amour du monde et il est temps que cela se sache !
Que puis-je ajouter ? Qu’il n’ y a aucun titre faible, que j’ai un petit penchant pour Love Song et Flames Over Nebraska, une véritable chanson populaire, mais que, demain, je pourrais citer Two Girls (One Bar), Stolen Cadillac ou encore Blue Velvet et qu’il ne vaut mieux pas parler d’après-demain.
Comprenez-moi bien, je suis un fan basique, je ne trouve aucun album du groupe mauvais, même si, en faisant un effort, je pourrais lâcher un nom sorti de la période Fontana, mais nous avons affaire là à un disque remarquable, époustouflant, extraordinaire ! Assurément le meilleur de l’ère dite moderne, probablement l’un des trois meilleurs du groupe. Merveilleux ! A jouer fort !

L'enregistrement de ce nouvel album s'est terminé le 6 février 2006. Le titre de travail du projet était "Electricity". On trouve parmi les collaborateurs invités Rodolphe Burger, Jack Kidney, Robert Kidney et Andy Diagram. Michele Temple participe au "lead vocal" sur un titre, "My Boyfriend's Back".
Les morceaux sont : Two Girls (One Bar), Babylonian Warehouses, Blue Velvet, Caroleen, Flames Over Nebraska, Love Song, Mona, My Boyfriend's Back, Stolen Cadillac, Synth Farm, et Texas Overture.

Le titre "Why I Hate Women" est basé sur le nom d'un roman que Jim Thomson n'a jamais écrit mais ... qu'il aurait pu.

En tournée ...
Cela approche. Pere Ubu sera le 13 octobre à Paris (Nouveau Casino) et le 14 à Strasbourg (La Laiterie).
Pour le reste, le groupe débutera à Vienne (Autriche) le vendredi 6, passera par l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la Belgique (Bruxelles, le 21 octobre) et les Pays-Bas. Deux dates simplement sont annoncées en Angleterre, Brighton et Londres avec pour cette dernière, un invité spécial, Stan Ridgway (ex-Wall Of Voodoo)

Il se pourrait que le groupe revienne en Europe au début de l'année prochaine.

La tournée américaine commencera elle par un concert "double dose" à Los Angeles le 29 octobre. Avant un set "classique", le groupe accompagnera une nouvelle fois la projection du film "A, The Man With X Ray Eyes". San Fransisco suit le 30 octobre. Chicago et New York seront visitées en novembre. A New York, les Bush Tetras seront de la partie.

"Why I Remix Women"
"Why I Remix Women" est un album de titres remixés de "Why I Hate Women". Il sortira à l'occasion de la tournée européenne et sera vendu lors des concerts ou via le net en Europe par Glitterhouse (GRCD 655) et aux Etats-Unis par Smog Veil (SV69CD). Disponible à partir du 5 octobre.
Les remixes sont signés Michele Temple, Keith Moliné et Gagarin, l'habituel soundman du groupe. Le disque propose également un mix alternatif de "Babylonian Warehouse" intitulé "Big Fuzz". Réalisé par David Thomas, il n'a conservé que les pistes de la section rythmique, basse et batterie !

Moon, I'm Coming Home - Remix by Keith Moliné
Blue V Woman - Remix by Michele Temple
My Eyes My Lovely - Remix by Gagarin
Big Fuzz (Bass & Drums) - Alt. mix by David Thomas
I See You - Remix by Michele Temple
Dust And Dogs - Remix by Keith Moliné
Texan Farewell - Remix by Keith Moliné
Blue Gagarin - Remix by Gagarin
Light It Up - Remix by Keith Moliné

Modern Dance en DualDisc
La version DualDisc du premier album est finalement parue le 31 juillet 2006 (Silverline Records - 284402-2).
A cette occasion, le magazine anglais Uncut  a inclus dans son cd mensuel la version remixée du titre "The Modern Dance" (n° 111, août 2006).
Rappelons qu'un DualDisc est une rondelle numérique à double face, comme un bon vieux vinyle. Une face est un DVD  et l'autre est en format CD Audio.
La face DVD comprendra le remixage en 5.1 de l'album, une nouvelle mastérisation de l'album original en stéréo en qualité DVD Audio ainsi qu'une interview de David Thomas. La face CD est consacrée à la nouvelle mastérisation de l'album.

Punk ! Les 30 ans d'une insurrection culturelle
C'est le titre d'un hors-série des Inrockuptibles (Les Inrocks2, n°16) sorti en septembre et toujours disponible dans les kiosques. La revue dresse un tableau complet du "mouvement". "The Modern Dance" figure parmi les 20 albums incontournables du punk américain.
"Nettement plus instruit que la moyenne punk - on ne choisit pas innocemment chez Jarry son patronyme - et déjà actif dans l'underground rock depuis des années, David Thomas forma Pere Ubu dans la sinistre cité de Cleveland dès 75. Chantées d'une voix étonnamment haut perchée, maltraitées par des bruits blancs et des guitares dans le rouge, les chansons de Pere Ubu - notamment la phénoménale Final Solution - demeurent des monstres intacts de tension et d'étrangeté."
Jean-Daniel Beauvallet

Obscurs Objets du Désire
Le magazine anglais The Wire consacre sa Une et un long article à Pere Ubu dasn son numéro d'octobre 2006 (n°272). L'histoire du groupe, l'Amérique, la ville de Cleveland, les albums etc... sont passés en revue au fil d'un interview. De superbes photos accompagnent cet article. Indispensable.

 

Rogue's Gallery & Unknown Instructors
Johnny Dep, sous influence des Caraïbes, et Gore Verbinski ont financé une production d'Hal Willner. Cette compilation intitulé "Rogue's Gallery, Pirate Ballads, Sea Songs & Chanteys" regroupe 43 chants traditionnels de marins et pirates. Au milieu des Lou Reed, Bryan Ferry, Nick Cave ou encore Sting, David Thomas interprète "Dan Dan" et "What Do We Do With A Drunken Sailor". Keith Moliné est présent à la guitare sur "Dan Dan".
David Thomas chante également 3 titres sur le prochain album des Unknown Instructors, "Master's Voices" (Smog Veil Records - SV66 - Octobre 2006)

 

 

Mai 2006

Flames Over France ... Pere Ubu live.
26 Mai 2006, Nancy, Mauvais Temps, Bonne Humeur …
Nancy est une ville triste. Ses immeubles bas, ses rues étroites, inanimées, suintent l’ennui et la vieille bourgeoisie. Le ciel noir donnerait à la place Stanislas des airs d’architecture soviétique si ce n’était la dorure de ses grilles en fer forgé.
Je dis ça mais qu’en sais-je réellement, je n’y ai passé qu’une heure à flâner. Le temps d’acheter un bootleg du " Smile " des Beach Boys chez un disquaire qui joue l’étonné :
" Oh ! Un promo. Qu’est-ce que c’est ? Je ne le connais pas ! "
Bien voyons ... j’évite de lui passer les menottes pour lui laissait croire que je ne suis pas celui qu’il pense que je suis !

Le concert ne se déroule pas à Nancy même mais à la Salle des Fêtes de Vandoeuvre Lès Nancy. Quel nom charmant, quel endroit bucolique ! Là n’est pas l’essentiel. Vers 21 h, une foule relativement dense, malgré un festival " Musique Action " à la programmation loin d’être grand public, tourne un peu en rond en attendant l’ouverture des portes. Le bar est plein. Robert Wheeler y discute avec Sam Worrad et Trent des Holy Soul*, groupe australien qui assurait ces derniers temps la première partie des Minutemen lors d'une tournée européenne.
Les portes s’ouvrent enfin, la salle est grande, la scène immense.

Pascal Comelade ouvre la soirée. Son groupe joue essentiellement sur des instruments d’enfant. Le set est frais, amusant mais paraît un peu long car composé uniquement d’instrumentaux. On reconnaît une reprise d’Egyptian Reggae de Jonathan Richman.

22 h 45, Pere Ubu prend possession de la scène. David Thomas attaque avec un titre a capella et en français que j’aime bien appeler " Au Fond De La Mer ". Il s’agit en fait de " What Happened To Me " qui figure sur " Monster Walks The Winter Lake ", un des albums solos de David. Puis le groupe se lance et enchaîne deux nouveaux titres, " Babylonian Warehouses " et le foudroyant " Caroleen ". Tout de suite, une (petite) partie des spectateurs se lèvent, sous les protestations de quelques-uns, et se met à danser / bouger.
Comme pour le show de Bruxelles de septembre dernier, la set-list est composée majoritairement de titres issus de la " période moderne ". " Electricity " et " Folly Of youth " succèdent à " Dark ". Suit " Modern Dance ", l’exception qui confirme la règle puis c’est au tour de " Perfume " et " Sad.txt ", l’un des plus beaux titres du groupe.
Le groupe est soudé, uni, meilleur qu’à Bruxelles. Les quelques mois supplémentaires passés avec Keith Moliné et l’enregistrement du prochain album ont apporté une cohésion et une force incroyable. David Thomas est de bonne humeur, cabotine un maximum et parle beaucoup au public. Dès " Slow Walking Daddy ", il ne respecte plus la set-list établie avant le concert et décide seul du titre à jouer. Michele Temple sourit en permanence. Entre deux titres, David Thomas vient affectueusement l’écraser de sa masse. Le show est ramassé, sans fioriture inutile, explosif. La salle apprécie. " Sonic Reducer " des années Rocket From The Tombs, " We Have The Technology " pour la période Fontana et " Phone Home Jonah " concluent le show. Rappel. Explosion du public dès les premiers gazouillis du synthé pour " Non-Alignment Pact " et enfin " Woolie Bullie ".

Fin du set, David Thomas s’installe comme à l’accoutumée au bord de la scène pour vendre les albums du groupe, signer des autographes et répondre gentiment aux sollicitations des spectateurs.
Je fais connaissance avec Sam, son collègue Trent des Holy Soul et sa souriante girlfriend Lyndal. Nous échangeons quelques mots sur la qualité du concert. Je traîne un peu, salue David avant qu’il ne disparaisse dans les coulisses et croise Robert près du bar.

Eugène Chadbourne et son free folk-rock clôturent la soirée et … vident doucement la salle.

… 27 mai, Lyon, Beau Temps, Mauvaise Humeur
Il fait beau à Lyon. J’arrive vers 17 h 30 au Ninkasi-Kao qui se trouve près du Stade de Gerland. La boutique des supporters de l’O.L. affiche fièrement les cinq titres consécutifs de Champion de France de Football glanés par le club. Pour l’heure, le bar du Ninkasi est envahi par une montagne de buveurs de bières, supporters de l’équipe locale de rugby, sortis tout droit du stade et venus fêter la défaite de leur équipe favorite !

Il est tard. Le sound-check, auquel j’espérais assister, est probablement terminé. Je tourne en rond espérant apercevoir une tête connue qui pourrait me faire entrer. Personne. Le cerbère à l’entrée reste insensible à mon " charme ".
18 h 45, la porte s’entrouvre. Le gars du contrôle me confirme que la balance est terminée. Tant pis, ce sera pour une autre fois. Je m’offre une bière maison, excellente !
Temps à perdre, je me glisse dans ma voiture pour écouter " Why I Hate Women ", le prochain album. Il faudra un jour élever " Caroleen " au titre de plus Belle Chanson d’Amour de Tous les Temps. Son nom rime avec gazoline !
21 h 00, la salle est petite, sombre, un peu claustrophobique et se remplit progressivement. Les anglais de Clinic ouvrent le bal mais on oublie rapidement.
22 h 15, Pere Ubu se fait un peu attendre puis apparaît sur la scène. Trois nouveaux titres démarrent le concert, " Two Girls (One Bar) ", " Babylonian Warehouses " et une monstrueuse " Caroleen ". Survient " Dark ", sombre et puissant comme son nom l’indique. Assurément la plus belle version qu’il m’ait été donné d’entendre. Mais rapidement, la tension est perceptible. David Thomas s’en prend à Robert Wheeler qui semble au goût du chanteur ne pas faire assez de bruit avec son synthé. L’humeur semble ombrageuse. David Thomas s’attaque au sonorisateur de scène, lui indiquant par de grands gestes qu’il n’entend pas la guitare dans les retours. Il a fait la même chose la veille à Nancy. A priori, pas d’inquiétude à avoir. Ce n’est qu’un jeu. Mais il insiste, s’énerve jusqu’à arrêter le concert en plein " Folly Of Youth " et quitter la scène en emmenant le groupe avec lui. Steve Mehlman grimace. Dids, le tour manager, intervient et tente de régler le problème. Après quelques instants pendant lesquels je ne regrette pas d’être allé à Nancy la veille, le groupe rejoint la scène et redémarre sur un " Modern Dance " titanesque. Un spectateur brandit fièrement à bout de bras la pochette du 1er album du groupe. La foule chavire. " Perfume " suit mais David Thomas n’a toujours pas de guitare dans ses retours. A la fin du morceau, il s’empare des deux caissons qui entourent son micro et les écartent violemment. Nous avons droit à " Sad.txt " mais le chanteur ne l’introduit pas comme à l’accoutumée. Il ne nous conte pas ce soir l’histoire de ce morceau " punk ". Punk mais lent car composé à plus de 45 ans, un âge où il devient difficile de pogoter avec fierté !
Seuls de brefs " Thank you " séparent les titres. Pas de cabotinage, pas de grimace, David Thomas n’a pas la verve habituelle. Le groupe, sous pression, n’en est que meilleur. Je ne dirai jamais assez que sa blonde section rythmique est la meilleure sur terre actuellement. Steve Mehlman frappe et frappe ses fûts d’une manière incroyable. Michele, tendue sur sa basse, reste souriante et surveille David Thomas en permanence. Comme le fait le reste du groupe d’ailleurs. Après " Slow Walking Daddy ", survient " Sonic Reducer ", dorénavant un habitué des set-lists. Aux deux tiers du titre, David Thomas fait ralentir le groupe pour transformer ce brûlot rock en ballade urbaine avant de repartir de plus belle. Après un " We have The Technology " moins enjoué que la veille, Keith Moliné démarre le riff de " Wheelhouse ". Quel plaisir ! Fin du set. " Non-Alignment Pact ", " Phone Home Jonah " et "Woolie Bullie ", majestueux et magnifiques, forment le rappel. Quel concert !

Le groupe quitte la scène définitivement cette fois après 1 h 15 de concert. David Thomas ne vient pas vendre les disques du groupe ce soir. Michele Temple s’en charge. Keith Moliné me dit qu’il est très content du concert, qu’il a trouvé meilleur que celui de la veille. David Thomas réapparaît dans la salle, perdu dans ses pensées. Cela ne l’empêche pas de répondre aux demandes d’autographes et autres sollicitations. Une jeune fille s’approche et lui parle à l’oreille. Il l’a prend dans ses bras et l’enlace. Elle vient sans doute de gagner un pari ! La tension présente pendant le concert semble s’éloigner.

David m’invite à rejoindre le groupe dans les loges. Steve Mehlman me tend un cd, la dernière démo de son autre groupe, Roué. Sans management, le groupe a du mal à tourner. Histoire éternelle d’un groupe " sans nom ". Je discute avec Michele Temple. Elle me félicite pour le choix des titres passés dans l’émission d’Aligre FM, il y a maintenant plus d’un an, et qu’elle a eu l’occasion d’écouter sur le net. Je lui parle de " Why I Hate Women " et essaie de lui faire comprendre ce que je ressens à l’écoute du disque ; ce fourmillement qui court sous la peau, les frissons et la tension qui montent, ce sentiment indescriptible et unique que je n’ai plus eu depuis la découverte des deux premiers disques du groupe, alors que ce nouvel album est bien ancré dans l’histoire récente de Pere Ubu.
Le groupe fait le plein de bière avant de rejoindre son hôtel. Steve, perpétuellement souriant, salue tout le monde et part.

Deux belles journées, deux magnifiques concerts. Fin de l’épisode
Charlie Dontsurf

Merci à Lyndal et Sam, Trent, Marie-Hélène et Jean-Michel, Laurent et Madame, l’Education Nationale, Sébastien, Anne-Claire et Christophe, Julien et la Loi sur les 35 heures.
Photos : Sébastien et Philippe
* The Holy Soul

26 mai 2006, Vandoeuvre Les Nancy, Salle des Fêtes
Au Fond De La Mer (What Happened To Me)
Babylon Warehouses (Big Fuzz)
Caroleen
Dark
Electricity
Folly Of Youth
Modern Dance
Perfume
Sad.Txt
Slow Walking Daddy
Sonic Reducer
We Have The Technology
Phone Home Jonah
(Rappel)
Non-Alignment Pact
Woolie Bullie

27 mai 2006, Lyon, Ninkasi-Kao
Two Girls (One Bar)
Babylon Warehouses (Big Fuzz)
Caroleen
Dark
Electricity
Folly Of Youth
(interruption)
Modern Dance
Perfume
Sad.Txt
Slow Walking Daddy
Sonic Reducer
We Have The Technology
Weelhouse
(Rappel)
Non-Alignment Pact
Phone Home Jonah
Woolie Bullie

Nerve Gas Dancers, Cynthia Sley parle ...
A Lyon, David Thomas a dédié Caroleen aux “Nerve Gas Dancers”, deux filles qui étaient les seules à danser dans les premières années aux concerts de Pere Ubu à Cleveland. Et il a fait cette dédicace parce qu’il savait que l’une d’entre elles était dans la salle : Cynthia Sley, chanteuse des Bush Tetras. Cynthia raconte ...

"Originaire de Cleveland, j’étais en 1978 étudiante au Cleveland Institute of Art avec Laura Kennedy, future bassiste des Bush Tetras. Nous allions chaque semaine au Pirate’s Cove, et chaque semaine un groupe génial jouait dans ce club. A cette époque, c’était le bon moment pour être à Cleveland, même si nous nous sentions tous un peu dingue. Cela faisait partie de l’ambiance. Nous adorions par-dessus tout Pere Ubu. Ils étaient féroces, David Thomas, dans son grand manteau noir, bottes de combat, marteau de forgeron, sans pantalon (autant que je m’en souvienne). Il pouvait frapper une enclume avec le marteau comme si c’était l’ennemi … Quoi qu’il en soit, nous étions les seules à avoir l’énergie de danser. Au pied de la scène. Nous appelions ça danser mais d’autres auraient pu parler d’une forme d’apoplexie. Nous avons été appelées les " Nerve Gas Dancers " par le groupe, peut être, parce que nous avions l’énergie de danser ainsi, mais surtout parce que nous ressemblions à des personnes venant juste d’être gazées et commençant à se contracter et à convulser. C’est ce qui se produit quand vous avez 20 ans, que vous êtes en colère et que vous trouvez la musique qui vous permette de vous libérer !"

Merci à Cynthia et Pascal Regis

"Velocity Of Ferocity", la nouvelle démo de Roué
J'ai déjà essayé de vous dire tout le bien qu'il fallait penser de Roué, l'autre groupe de Steve Mehlman. Leur nouvelle démo 4 titres, "Velocity Of Ferocity" est purement incroyable et pour le moins explosive. Je mets au défi quiconque de résister ou de rester insensible à ce petit bijou. Que font les maisons de disques ?

The Book Of Knots, parution repoussée du second album, "The Traineater"
Arclight Records a reporté la parution du second album de The Book of Knots, groupe dans lequel officie Tony Maimone. Intitulé, "The Traineater", il voit la participation d'invités comme Tom Waits ou Mike Watt. Le titre avec Tom Waits est en écoute ici : www.myspace.com/thebookofknots. La sortie du disque est maintenant prévue à l'automne.

MiNiMuM Rock 'N' Roll # 3
La magnifique revue annuelle sort son troisième numéro (Disco-Babel / Le Castor Astral). Sous-titrée "Escarpins, Boots de cuir et Claquettes à papa, il est question de ... Rock et de Chaussures. Textes, photos, dessins et bd sont au programme de ce numéro tout aussi indispensable à l'amateur francophone de rock que ses deux frères aînés (disponible dans toute bonne librairie).
Pour ne rien gâcher, Milan Dargent, dans un texte intitulé "Ubu Enchaîné (à ses chaussures)" parle de Pere Ubu mais surtout de "Codex", titre issu du deuxième album du groupe, Dub Housing, dont il nous livre sa propre interprétation.

"...I think about you all of the time
Here come my shoes
Here comes me!
One, two;
One... I think about you all of the time
Step after step,
block after block,
I think about you all of the time ..."

"... Le type arrive, précédé de ses chaussures. Les chaussures du type arrivent avant lui. Le type ne sait même plus qu'il marche. Il voit ses chaussures marcher devant lui, et même pas ses pieds, car ses pieds sont encore trop humains. Il se traîne, il déambule. tout ce qui lui reste, ce sont ses pas ... Ce qui est certain, c'est qu'il est question de deuil ... "Codex" parle du manque de soi même ..."

Bientôt sur Ubu Dance Party, le texte entier ... .
Milan Dargent est par ailleurs auteur d'un petit livre savoureux dont on ne saurait que recommander la lecture. L'objet s'appelle "Soupe à la tête de bouc" et est paru chez Le Dilettante en 2002.

Rocket From The Tombs
Le groupe s'est réuni fin avril à Cleveland pour travailler à de nouveaux titres. Et ça a marché ! Une courte tournée américaine est programmée pour la fin juillet / début août. Cleveland, Pittsburgh, New Haven, Brooklyn NY, Hoboken, Cambridge et Northampton seront visitées. David Thomas, Richard Lloyd, Cheetah Chrome, Craig Bell et l'extraordinaire Steve Mehlman font toujours partie de la bande.

Home & Garden, le site, le disque, la soirée
Home & Garden possède dorénavant son site officiel avec au programme histoire, discographie, mp3, vidéos, photos et bien sûr infos chaudes sur le groupe. Le site a son pendant sur My Space.
En fouillant bien, notamment dans la partie photos, vous trouverez quelques bonnes surprises ubiennes !
L'album mythique, et indispensable à tout amateur de Pere Ubu, "History and Geography", remixé par Ryan Weitzel et Scott Krauss, remastérisé par Paul Hamann, a été réédité le 16 mai dernier par le label Exit Stencil Recordings.
Outre les 8 titres de l'album original, le cd contient 6 morceaux issus des mêmes sessions ainsi que le 1er EP du groupe, "How I Spent My Vacation".
Le groupe original Scott Krauss, Tony Maimone et Jeff Morrison, sans Jim Jones, malade, s'est réuni le 20 avril dernier au Beachland Ballroom de Cleveland pour fêter cette réédition. Pour l'occasion, le groupe était accompagné de Robert Wheeler, Tom Herman, Ryan Weitzel et Keith Kornajcik.
Voici ce qu'en dit notre homme sur place :
"Whaouh ... concert fantastique ... s'ils emmènent ce show sur les routes, soyez attentifs et foncez, vous, les vrais fans ubiens. Tom Herman et Ryan Weitzel tenaient la guitare, Tony Maimone, la basse, Scott Krauss, la batterie, Robert Wheeler, le synthé et Keith Kornajick s'occupait de la voix et de la clarinette, avec l'aide du chanteur original du groupe, Jeff Morrison. Le groupe a été impressionnant, parcourant toutes sortes de territoires que bien des groupes ont du mal à approcher. Free Jazz, improvisation, arty-rock, rock garage ... parfois le tout dans la même chanson ! La musique est définitivement un beau mélange, dont chaque ingrédient a sa propre existence mais fait aussi partie d'un plus grand ensemble. De main de maître, Herman et Weitzel échangeaient des riffs de guitare, Krauss et Maimone semblaient comme à l'accoutumée reliés par télépathie, montrant encore une fois qu'ils composaient l'une des meilleures sections rythmiques du rock, Wheeler créaient des volutes sonores sculpturales. Les chanteurs Kornajick et Morrison conduisaient l'ensemble comme des aboyeurs poètes de carnaval. La plupart des morceaux joués provenaient du cd "History & Geography" avec une reprise du titre de Peter Laughner "Life Stincks" pour clore le set. Les moments forts ont été "Monkeytown", un instrumental plutôt funky où Link Wray rencontre Albert Ayler et "King John", l'un des meilleurs titres de JIm Jones, absent du concert mais auquel Tony Maimone a rendu hommage. Vraiment une nuit magnifique avec un groupe puissant ; avec autant de membres passés ou présents de Pere Ubu, comment pouvait-il en être autrement ?
Gustav (Cleveland / USA)

My Space
Après House of Ubu, encore un nouveau site autour de Pere Ubu : cette fois, il s'agit une page My Space : www.myspace.com/pereuburox

Erewhon, revu et corrigé
Le premier album de David Thomas & Two Pale Boys a été réédité en janvier par Cooking Vinyl en simple cd-audio. L'album paraît dans une version remastérisée en 2005 par David Thomas et Paul Hamann mais sans son contenu cd-rom.




 

Pere Ubu, live at the Pirate's Cove, Cleveland, Mars 1977


Merci à Philippe Garnier, photographe et ...

En parlant du loup ...
Grasset a publié en janvier dernier le nouveau livre de Philippe Garnier. Intitulé "Caractères, Moindres lumières à Hollywood". Voici ce qu'en dit la 4ème de couverture :
"A une époque où Mitchum est devenu une marque de déodorant pour hommes, où les classiques hollywoodiens se vendent en dvd comme des packs de six, et où le rayon cinéma des librairies engrange des livres de plus en plus spécialisés sur des sujets de plus en plus restreints, la cinéphilie sincère ne peut être que buissonnière.
Si ce livre rend hommage à des figures familières, mais sur lesquelles on sait peu de chose, et tente de cerner ce qui fait de tel ou tel un " personnage ", pas tous les sujets traités ici sont des character actors, ou acteurs " de composition ", comme on disait dans le temps. Mais presque tous sont de sacrés caractères. Sont donc inclus des personnages moins aimés ou connus qu'Eugene Pallette, Eric Blore ou Edward Everett Horton - comme Luke Askew ou Steve Cochran. Certains ne sont même pas acteurs. Ainsi donc se cachent dans ce jeu des sept studios : un pêcheur de poissons-chats, un acteur pétomane auteur du film le moins montré au monde, et un escroc des pompes funèbres.
En retraçant leurs carrières et leurs vies, on a parfois aussi été amené à raconter certains de leurs films, peu ou pas connus, mais dans lesquels ces acteurs d'exception donnent souvent plus leur mesure que dans les grands succès. L'auteur n'a d'autre ambition que d'amuser, et peut-être intriguer suffisamment pour que le lecteur se mette en quête de tout ce pan du cinéma américain, bon et mauvais, qui demeure ignoré."

Génération Extrème, rectificatif
C'est par ces mots que nous vous faisions part de la parution de ce livre :
"Recommandation nettement moins chaude pour "Generation Extrème", sous-titré "1975 - 1982, du punk à la cold-wave" paru au Camion Blanc. La simple lecture des quelques paragraphes consacrés à Pere Ubu a refroidi l'atmosphère (p. 90). Stiv Bators est présenté comme le premier chanteur des Rocket From The Tombs. Il semble pourtant en être le dernier et sa présence, imposée par Cheetah Chrome, est une des causes de la séparation du groupe. Quant à Tom Herman, il devient Peter Herman dans le livre !
Nous n'avons pas eu le courage d'aller plus loin. Dommage, le thème était intéressant."
Fred Thébault, fan de musique avant que d'être auteur, nous précise qu'il a débuté l'écriture du livre il y a maintenant plus de 10 ans, sans être sûr que l'ouvrage soit publié un jour. Il a débuté son travail par le punk, avec entre autres Pere Ubu, sans qu'il ait eu malheureusement la possibilité de vérifier toutes ses sources, internet n'existant pas ! La publication finalement précipitée du livre ne lui a pas laissé le temps de faire toutes les corrections nécessaires. La prochaine édition, qui ne devrait pas tarder, sera corrigée.

Live Free or Diet Program, 30 Year Anniversary Tour, Bruxelles, Palace, 15.09.2005
La salle de concert est déroutante. C’est en fait une salle de théâtre. Un théâtre moderne : grande scène noire, large et profonde, murs bruts, sans décoration, peints en noir. Les fauteuils, confortables, trop confortables, plongent sur la scène et, rapidement, dès le 6ème ou 7ème rang, le spectateur surplombe l'ensemble. La salle est pratiquement pleine. Le matériel du groupe paraît tout petit dans cette immensité noire.
A 21 h 15, les lumières s’éteignent. Le public réagit un peu et pousse ses premiers cris.
Le show commence par la projection en noir et blanc d’un extrait d’un Ghoulardi Show diffusé sur WJW-TV à Cleveland entre 1963 et 1966. Ghoulardi est un personnage d’allumé sévère créé par Ernie Anderson et spécialisé dans la parodie à tout vent.
Puis le groupe apparaît dans l’obscurité, descendant le maigre escalier qui mène des loges à la scène. Chacun prend sa place. Le groupe est séparé en deux. De la droite au centre de la scène : Steve Mehlman, Keith Moliné et Michele Temple. David Thomas est placé au centre, juste devant Michele. Un grand espace vide libère une belle vue sur l’écran fixé au fond de la scène et sépare les 4 musiciens de Robert Wheeler, seul à gauche avec ses synthétiseur et theremin. Une simple lampe de bureau éclaire ses engins. En dehors de la projection, c’est la seule source de lumière présente sur scène. Pas de projecteur. A sa droite, sur un tabouret, David Thomas a posé son Mac, tour de contrôle des films diffusés pendant tout le show. A sa gauche, un pupitre sur lequel repose un classeur, véritable prompteur manuel !
C’est avec deux nouveaux titres que le groupe démarre, " Texas Overture " et " The Orange Show ". Autrement dit, la tournée pour le trentième anniversaire du groupe n’est pas placée sous le signe de la nostalgie. Le ton général du concert est d’ailleurs très " pensylvannien ", " Perfume " et " Woolie Bullie " succèdent aux deux nouvelles chansons et, plus tard, le magnifique " Sad.txt " ainsi que " Wheelhouse " trouveront leur place dans la set-list. Surprenant, finalement !
Ces quelques tranches d’Amérique sont accompagnés par des petits films qui n’apportent pas une énorme valeur-ajoutée au spectacle. Mention spéciale toutefois à celui qui supporte " The Orange Show " et présente le rêve un peu fou, et réalisé, d’un citoyen américain créant un mini-parc d’attraction pour ajouter simplement un peu de couleur à votre vie.
Le spectacle est plutôt sur scène. Si le groupe reste sage, David Thomas prend le rôle de chef d’orchestre, un peu dictateur, menant à la baguette son gang. D’un geste du bras, il rythme le martèlement d’un Steve Mehlman, excellent et souriant batteur. Il menace de couper la gorge de Robert Wheeler s’il ne sort pas de ses drôles d’engins le bruit attendu ! Le groupe suit son leader, sans rechigner. Ah cette basse sur " Folly Of Youth " ! Keith Moliné dont c’est la première tournée avec le groupe, trouve parfaitement sa place malgré une récente et rapide incorporation. Pere Ubu est toujours Pere Ubu !
La set-list donne la part belle à la période dite " moderne " du groupe. Seuls les titres " Modern Dance " et " We Have The Technology " rappelleront la longue histoire du groupe.
La présence de "Sonic Reducer" au tout début du rappel est une vraie surprise. Ce titre fait partie de l’histoire des Rocket From The Tombs et David Thomas l’avait laissé aux mains des Dead Boys à la séparation du groupe. La récente reformation des RFTT n’est sans doute pas étrangère à cette réappropriation.
Voilà, c’est terminé, 1 heure 30 de pur plaisir, 1 heure trente étonnante et détonannte.
A la fin de " We Have The Technology ", David Thomas s’assoit sur le bord de la scène et se met à vendre cds et t-shirts. Il reste disponible, ainsi que les autres membres du groupe, malgré la grande fatigue issue d’un long trajet semé d’embûches depuis Leipzig où était le groupe la veille et d’un concert sans temps mort.
Thanks a lot, guys !
Charlie Dontsurf

Texas Overture
The Orange Show
Perfume
Woolie Bullie
Slow Walking Daddy
Wheelhouse
Sad.txt
Dark
Electricity
Folly Of Youth

Encore :

Sonic Reducer
Modern Dance
Phone Home Jonah
We Have The Technology

"Raygun Suitcase" et "Pennsylvania" réédités par Cooking Vinyl USA
Les deux premiers albums de l'ère moderne de l'histoire du groupe font l'objet d'une réédition chez Cooking Vinyl USA le 6 septembre. Remastérisées au début de l'année par David Thomas et Paul Hamman, ces éditions bénéficient de mixes alternatifs et de bonus tracks. Autant dire qu'elles apparaissent comme indispensables. La clarté et la richesse du son vous feront redécouvrir ces deux premiers albums de l'Ere Moderne.
Aucune sortie européenne n'est prévue tant que les stocks de l'édition originale ne seront pas écoulés. Qu'on se le dise !

Pere Ubu est-il toujours Pere Ubu ? Oui !
L'arrivée de Keith Moliné en remplacement de Tom Herman au sein du groupe a déclenché une discussion sur la liste américaine "Pere Ubu Foundation" sur le thème "Pere Ubu aujourd'hui est-il toujours Pere Ubu ?" Pere Ubu pour certains se terminait avec la période historique, d'autres, et j'en suis, pensent que le groupe actuel a toute légitimité pour s'appeler Pere Ubu.
David Thomas en a profité pour faire une mise au point que l'on peut résumer ainsi :
- La composition du groupe est finalement stable. Les différents line-ups sont la résultante de la vie tout simplement ou liés à des événements spéciaux. Personne n'a jamais été recruté ou viré du groupe (à l'exception de Dave Taylor au tout début, éviction que regrette d'ailleurs David Thomas). La plupart des membres partis du groupe sont prêts à le rejoindre quand il le faut. La participation de Tony Maimone ou Chris Cutler aux concerts donnés en support à la projection de films en est la preuve.
- Pere Ubu est le groupe de David Thomas. Il en est le leader et assume parfaitement ce rôle. Visiblement, des discussions sur qui pouvait appuyer sur le "Nuclear Button" ont eu lieu au début de la vie du groupe. David Thomas a ce rôle. D'autant plus que, traditionnellement, l'attention au sein d'un groupe est souvent centrée, notamment par la presse musicale, sur le chanteur.

Roué, "Upward Heroic Motive"
Roué, de Cleveland, est l'autre groupe dans lequel officie l'excellent Steve Mehlman, batteur souriant. "Upward Heroic Motive est le nom de leur premier album sorti sur le label Exit Stencil Recordings (ESR 006). Plutôt que quelques mots mal choisis pour vous présenter la musique du groupe, regardez ces deux photos, à gauche la pochette de l'album, à droite Roué en concert : elles vous en diront tout autant !
 

Pour découvrir en musique Roué : www.roue.org
Pour acquérir le disque : www.exitstencilrecordings.com ou via le compte Paypal du label orders@exitstencilrecordings.com (11$ + 3,20 $ pour le port).

Un peu de lecture ...
Nous vous recommandons chaudement la lecture de "Pixies", une biographie du groupe par Emmanuel Dazin, éditée par Le Castor Astral dans la collection "Castor Music". On y croise Pere Ubu en tant qu'influence et à l'occasion de la tournée américaine commune avec le groupe de Charles Thompson. Ubu Dance Party est référencé dans l'annexe consacrée aux sites Internet à visiter. Emmanuel Dazin, traducteur de biographies musicales, co-anime l'excellente et indispensable revue "Minimum Rock'n'Roll"

Maurice Le Dantec cite Pere Ubu et "Final Solution" dans son dernier roman, "Cosmos Incorporated" paru en août dernier chez Albin Michel :
"Plotkine se surprit à fredonner une vieille chanson oubliée d'un groupe rock américain des années 1970 - 1980, nommé Pere Ubu : I don't need a cure, I don't need a final solution ..." (p. 101).
Notons que la chanson n'est pas oubliée de tous et que s'il n'avait pas besoin effectivement de cure, "I need a final solution".

David Thomas, Festival "Rochefort en Accords", le 26 août 2005
David Thomas s'est produit avec Rodolphe Burger (ex-Kat Onoma) le 26 août dernier au festival "Rochefort en Accords" (Rochefort-sur-Mer). Ils ont été rejoints sur scène par Jacques Higelin ! Et d'après nos sources : "... le plus étrange, c'est que c'était passionnant - pas extraordinaire car la différence d'univers et le manque de connaissance réciproque ne le permettait pas, mais une qualité d'écoute entre musiciens assez rare".

Cloudland On-Demand
Trouvée au cours de mes pérégrinations estivales au Pays-de-Galles, chez un disquaire spécialisé en occasion, une bien étrange réédition de Cloudland. Il s'agit d'un cd-r gravé et livré "à la demande", sous licence officielle Universal (ex-Phonogram) dans la collection "Universal Music Archive Collection" (réf.: 80100799). L'édition comporte l'album dans son intégralité mais est accompagnée d'un livret bien pauvre, sans les textes des chansons notamment. La chose semble toujours être disponible pour 9.99 £ (+ le port) sur le site disckiosk. Attention, l'expédition en dehors du Royaume Uni est à vérifier et l'exemplaire trouvé comporte quelques bruits désagréables sur 3 titres !