Rough Trade Rec. / Rough 14 (UK), Juin 1980
Bonus*
David Thomas : voix, organ, batterie ("Lost In Art")
Mayo Thompson : guitare, piano, voix (lead sur "Loop" & "Horses")
Allen Ravenstine : synthétiseurs EML 101 & 200
Tony Maimone : basse, piano, orgue
Scott Krauss : batterie, percussion, cuivre, boîte à rhytmes
Titres signés Krauss - Maimone - Thomas - Ravenstine - Thompson sauf "Horses", Thompson.
Production : Pere Ubu & Paul Hamann
Ingénieurs du son : Paul Hamann
Studio : Suma Studios (Paisneville/Ohio)
Transfert digital : David Thomas & Paul Hamann (Suma/1994)
Graphisme original : John Thompson
Photos : Mik Mellen
Graphisme des rééditions (1999) : John Thompson
Charts "indies" anglais :
n°3 le 13 septembre 1980, présent pendant 7 semaines
Enregistré et mixé en janvier 1980 aux studios Suma.
| Label | Référence | Pays | Date | Commentaires | |
|---|---|---|---|---|---|
| Rough Trade | Rough 14 | UK | Juin 1980 | lp | 1er pressage |
| Rough Trade | Rough 14 | UK | Août 1980 | lp | 2ème pressage avec Arabian Nights |
| Rough Trade | Rough US 4 | US | 1980 | lp | |
| Rough Trade | Rough US 4 | US | 1980 | lp | 2ème pressage, code barre au verso |
| Rough Trade/Barclay | 200171 | France | 1980 | lp | |
| Rough Trade/Barclay | 300171 | France | 1980 | mc | |
| Rough Trade/Phonogram | 6435 084 | Allemagne | 1980 | lp | |
| Rough Trade/Base Record | Rough 14 Y5 | Italie | 1980 | lp | |
| Go International/Base Rec. | Rough 14 / GILP 14 | Italie | 1980 | lp | |
| Rough Trade/Japan | RTL-4 | Japon | 1981 | lp | |
| Rough Trade | Rough CD 14/Rough US 4 | UK/USA | 1989 | cd | |
| Bomba | BOM818 | Japon | 26/05/1999 | cd | * |
| Cooking Vinyl | COOK CD 157 | UK | 1/11/1999 | cd | * |
| Thirsty Ear | THI 57079.2 | USA | 16/11/1999 | cd | * |
| S4 | 496674 2 | Italie | 1999 ? | cd | * |
| Get Back | GET 81 | Italie | 2001 | lp | * Vinyle 180gr, pochette ouvrante |
| Get Back | GET 90081 | Italie | 2004 | lp | * Vinyle rouge |
Rough Trade Japon (1981)
Test pressing (1981)
Rough Trade, cd, 1989
Deux versions de cet album sont sorties chez Rough Trade UK. A l'origine, Arabia était un instrumental (4mn58s). A la suite de remarques de "commerciaux" pensant qu'il y avait trop d'instrumentaux sur l'album, David Thomas a enregistré un texte et le morceau fut renommé Arabian Nights (3mn57s). Young Miles In The Basement fut raccourci et un second master préparé. Par erreur au moment de la fabrication, le master original fut utilisé pour le premier pressage (juin 1980). Les pressages suivants furent réalisés à partir du master corrigé (août 1980). A noter que, quelque soit le pressage, le titre imprimé sur la pochette est Arabia et non pas Arabian Nights. Ce qui n'arrange pas les affaires des "complétistes" quand il s'agit de trouver l'une ou l'autre des versions. Signalons que le premier pressage est plus courant, plus facile à dénicher que le second. Sachez également que sont gravées sur le premier pressage, près de l'étiquette centrale, la référence "Rough 14 A2" et la mention "A porky prime cut too" sur la face A. Sur la face B, nous trouvons au même endroit "Rough 14 B1" et "A nudder porky prime cut too". Sur le second, il y a respectivement à la place "Rough-14-A" et "Rough-14-B", pas de "porky" mais un "Masterdisk Hw".
Les éditions françaises (Barclay) et américaines (Rough Trade US) ont été pressées à partir du master corrigé. L'édition italienne (Base) a été réalisée à partir du master original.
C'est le master corrigé qui a été utilisé pour l'édition cd de chez Rough Trade en 1989, bien que le livret indique 4mn58s pour Arabian Nights. A noter également que le titre Crush This Horn se voit qualifié de "part 1". On trouvera la "part 2" sur le premier album solo de David Thomas, The Sound Of The Sand.
Il existe deux pressages différents de l'édition vinyle Rough Trade US (1980). Pour les distinguer, indiquons que la pochette et le vinyle du second pressage sont moins épais et que le verso de la pochette comporte en haut à droite un code barre absent du premier. Poussons notre goût du détail jusqu'à préciser que vous pouvez lire dans le "sillon sans fin" (lock groove) près de l'étiquette centrale, sur le premier pressage, "Rough 14", ce qui correspond à la référence anglaise et que le "1" a été griffoné sur le second pressage.
Le coffret "Datapanik In The Year Zero" restaure le disque dans sa forme originale, avec l'instrumental Arabia et la version plus longue de Young Miles In The Basement. Lors de la préparation du coffret, une version inédite de Misery Goats, avec une partie de guimbarde, fut trouvée et utilisée à la place de l'originale.
Les dernières rééditions cd, Cooking Vinyl, Thirsty Ear et probablement S4, ainsi que les deux éditions vinyles Get Back, utilisent la même version que celle du coffret avec Arabian Nights en titre bonus.
Les lettrages et dessins de danseurs sont verts sur les différentes éditions et rééditions, sauf sur les deux éditions vinyles italiennes Base Record et Go International où ils sont jaunes.
Base Record était une compagnie italienne active dans les années 80. Sa spécialité était la distribution sous licence de labels comme Rough Trade ou Factory. Les quatre premiers albums ont fait l'objet d'une double édition entre 1980 et 1981, l'une sous la marque "Base Record", l'autre sous le nom d'un sous-label, "Go International". La pochette de l'édition "Base Record" ne porte aucune mention du label ou tout autre élément qui marquerait son appartenance au marché italien. Par contre, le disque vinyle a lui une étiquette spécifique "Base Record", avec le tampon et l'indication de la SIAE, la SACEM locale. Le verso de la pochette de l'édition "Go International" porte la mention "Made in Italy by Base Record, Bologna". la référence indiquée est "Rough 14" et le lettrage est jaune. Le vinyle de cette édition a une une étiquette centrale spécifique "Go International" et porte la référence "GILP 14".
Le titre Young Miles In The Basement est simplement intitulé Miles sur la pochette des éditions vinyles de 1980. Il devient Tribute To Miles sur l'étiquette du disque chez Rough Trade et Base Record.
L'édition vinyle italienne Get Back (Get 81) était à l'origine sortie en tirage limité à 1 000 exemplaires en 1999. Il pourrait y avoir eu une réédition, peut être en 2004, toujours en vinyle 180gr. Sous réserves !
Ah, tous ces David ! Quels charmants garçons ! David Bowie - qui n'a vraiment rien d'un "scary monster"; - me trouble. David Byrne, le génial docteur, me fascine. Quant à David Thomas, ce haut représentant de la gent ubuesque, j'ai pour lui une très grande sympathie. Comprenez bien, je lui dois une fière chandelle : quelques secondes de "New Picnic Time" suffisent pour me réconcilier avec la vie. Rien que sa voix, rien que le formidable gazouillis de la musique, et voici que le destin titube honteusement, et voici que les plantes vertes se redressent et que tout respire enfin. Ça, c'est le pouvoir de Pere Ubu.
Ce bon David Thomas est un artiste en tous genres. "The Art Of Walking"... L'art d'avancer, celui de mettre un pied devant l'autre - et tant pis si l'on est de guingois - et de recommencer. Imperturbablement (en bon pataphysicien). Sans oublier quelques pirouettes. Cette musique est un véritable pied de nez à tous ceux qui se contentent du surplace. Le groupe se nomme Pere Ubu, et ce n'est pas pour rien. Ca nous permet de considérer d'emblée chaque nouveau disque avec une sorte de sourire intérieur, forme latente du plaisir. Utopie ? Non : ici, la fantaisie est liée à la conscience. La musique est élastique, c'est à dire très rigoureuse. De là vient toute la générosité d'un groupe qui sait rester touchant et chaleureux même aux confins de l'expérimentation ("Arabia", "Lost In Art", "Miles").
Pere Ubu a quitté Chrysalis pour Rough Trade, mais en revanche, producteur, graphiste et photographe sont ceux de toujours. Ce qui prouve que David Thomas a de la suite dans les idées, si bizarres soient-elles. Bien sûr, à la première écoute, "The Art Of Walking" déçoit un peu : il faut presque tendre l'oreille, le son semble plus maigre et ne possède pas en tout cas l'évidence à laquelle nous étions habitués. En fait, cette retenue, devient vite une jouissance et David Thomas n'est pas un timide. Ni un timoré. Il sait se faire entendre sans s'imposer, voilà tout. Seulement, la guitare de Tom Herman était charnelle et Mayo Thompson est aujourd'hui plus impalpable. Avec cet incroyable son rouillé ("Loop", "Rounder"). C'est à Mayo que l'on doit "Horses", et j'avoue avoir un petit faible pour cette ritournelle dissonante dans laquelle Allen Ravenstine, aux claviers, aime bien l'acidité synthétique. Voici le genre de mélodie que l'on aimerait entendra à la radio le matin quand les voisins de palier partent au turbin. Pas étonnant d'apprendre que Mayo voue un véritable culte à Françoise Hardy !
Le morceau précédent, "Lost In Art", est franchement inouï et hystérique. Très théâtral. Et "Rhapsody In Pink vous est aussi hautement recommandé. "That's my story "... avoue ce tordu de Thomas à la fin de son délire. Sûr, il connaît la "science des solutions imaginaires". Pere Ubu transforme tout ce qu'il touche. Même le spleen ! L'angoisse est aussi parfois au fond des sillons, mais Pere Ubu offre un art heureux et épanoui. Ça fera du bien à ceux qui flashent un peu trop sur Joy Division depuis quelques mois : ce qui est beau n'est pas toujours désespéré. Dans ce disque, on sent la sève, on respire l'humus sous l'asphalte des avenues. Et David Thomas chante comme s'il allait atteindre l'orgasme dans la minute suivante. Avec cette sorte d'excitation sensible qui renforce les certitudes les plus déraisonnables. Rien à voir avec les détenteurs de la connaissance new wave et autres falsificateurs modernes. Non, vraiment, Pere Ubu ne vous attire pas par quelque espérance trompeuse et ne chipote pas sur les sentiments. En plus de sa poésie sonore, il vous offre le luxe de l'humour. Allez, en piste les excentriques. Marcher au pas d'Ulm, ce n'est pas faire du jogging.
Eude Velouté, Rock & Folk, n° 167, Décembre 1980
Pere Ubu, c'est la musique de l'après-guerre. Un conflit atomique vient de ravager la presque totalité de la planète, les quelques survivants sont de véritables mutants ravagés par les irradiations et les bactéries synthétiques dévastatrices. Il continue cependant à s'entretuer sauvagement.
Moderne, n° 3, 3ème trimestre 1981
Et une galette sinistre de plus : les délires du Pere Ubu avec sa musique sombre, ses distorsions vocales, sa schizophrénie effrénée, ubuesque et dantesque. Une nouvelle pierre de l'ère post atomique.
New Wave, n°9, Mai 1981
© 2010 Charlie Dontsurf