The Modern Dance

Modern Dance

Blank Records / Blank 001 (USA), Janvier 1978

  1. Non-Alignment Pact
  2. The Modern Dance
  3. Laughing
  4. Street Waves
  5. Chinese Radiation
  6. Life Stinks
  7. Real World
  8. Over My Head
  9. Sentimental Journey
  10. Humor Me

Bonus (sur le DualDisc uniquement, face DVD)

  1. Album en 5.1 surround
  2. Interview de David Thomas
  3. Biographie
Textes

David Thomas : voix, musette, percussion
Tom Herman : guitare, voix
Allen Ravenstine : synthétiseurs EML 101 & 200, saxophone, bandes enregistrées
Tony Maimone : basse, piano, voix
Scott Krauss : batterie

Titres signés Herman - Krauss - Maimone - Thomas - Ravenstine sauf (6) Peter Laughner.

Production : Pere Ubu & Ken Hamann
Ingénieur du son : Ken Hamann
Ingénieurs Assistants : Paul Hamann, Mike Bishop
Studio : Cleveland Recording & Suma Studios (Paisneville/Ohio), 1976-1977
Transfert digital 1994: David Thomas & Paul Hamann (Suma)
Transfert digital & mastérisation 2005 : David Thomas & Paul Hamann (Suma)
Remixage & Mastérisation 5.1 : Chris Haynes (Silverline Studios/Los Angeles)

Graphisme original : S.W. Taylor
Graphisme des rééditions (1998) : John Thompson

34ème dans le classement des 50 meilleurs albums punks du magazine anglais Mojo (n°112, mars 2003).

63ème dans le classement des 100 meilleurs premiers albums du magazine anglais Uncut (n°111, août 2006).

82ème dans le classement des 100 meilleurs albums pop/rock du quotidien israelien Yediot Acharonot.

22ème dans le classement des 25 meilleurs albums punk du magazine américain Shredding Paper (n°10, 2001).

Un des 20 albums classiques de la New Wave choisis par l'hebdomadaire français Les Inrockuptibles pour leur compilation-livre Collectorama #4 - New Wave, Tour du monde de Manchester à New York (Décembre 2009).

Un des 200 albums de la discothéque idéale "pop/rock" des années 60-79 sélectionnés par les disquaires des magasins Fnac (France) (mai 2010).

Charts "indies" anglais :
n°20 le 28 février 1981, présent pendant 2 semaines (Edition Rough Trade, 1981)

Enregistrement

Street Waves, titre enregistré en octobre 1976 au studio Cleveland Recording pour le single du même nom, figure ici dans une version remixée.
Non-alignment Pact et Modern Dance ont été enregistrés en janvier 1977 dans le même studio. Modern Dance, paru aussi en single, a droit également à un remixage pour l'album.
Les autres titres ont été enregistrés au studio Suma en novembre 1977.

Editions

Label Référence Pays Date Commentaires
Blank/Phonogram Blank 001 USA Janvier 1978 lp
Mercury/Phonogram 9100 052 UK Avril 1978 lp
Mercury/Phonogram 6338 874 NL/Intl Avril 1978 lp
Rough Trade/Gap Records RTGAP1004 Australie 1980 lp + Nouvelle Zélande ?
Rough Trade Rough 22 UK 1981 lp
Rough Trade Rough US 7 USA 1981 lp
Base Rec./Go International GILP 22 Italie 1981 lp
Rough Trade/Base Record Rough 22 Italie 1981 lp
Fontana/Phonogram 834 267-1/SFLP3 Intl/UK 1988 lp Edition limitée à 1000 exemplaires
Fontana/Phonogram 834 267-4/SFMC3 Intl/UK 1988 mc Edition limitée à 1000 exemplaires
Fontana/Phonogram 834 267-2 Intl/All 1988 cd Edition limitée à 1000 exemplaires
Cooking Vinyl COOK CD 141 UK Juin 1998 cd
Geffen/Universal DGCD-25206 USA Juin 1998 cd
Bomba BOM812 Japon 28/06/1998 cd
RTI CKV 2114 2 Italie 1998 ? cd
Get Back GET 54 Italie Avril 1999 lp Vinyle 180gr
Get Back GET 90054 Italie 2004 lp Vinyle rouge
Silverline 284402-2 UK 31/07/2006 dd DualDisc (cd/dvd) +
(Blank) Blank 001 Italie ? 2007 lp Edition pirate
Cooking Vinyl COOK CD 141 UK Juillet 2008 cd Master de 2005
Music On Vinyl MOVLP647 UE Janvier 2013 lp Master de 2005 ?

+ Remixé en son Surround 5.1 par Chris Haynes en juin 2005 (Silverline Studios). Remastérisation du mixage original stéréo en format DVD Audio (96khz/24 bit) et CD Audio (44.1khz/16bit) par David Thomas & Paul Hamann le 16 août 2005 (Suma)

cover Modern Dance

Blank Records (1978)

Modern Dance Rough Trade

Rough Trade (1981)

Modern Dance Fontana

Fontana, vinyle (1988)

Modern Dance Fontana cd

Fontana, cd (1988)

Nous n'avons jamais trouvé trace d'une édition en musicassette lors de la sortie originale de l'album en 1978, quel que soit le pays. Cela reste étrange puisque ce support était très courant sur le marché de l'époque. Toute information à ce sujet est la bienvenue.

Le label Gap Records, distribué par EMI, diffusait sur le continent australien les disques Rough Trade. Or, le pressage vinyle anglais de chez RT date de 1981 alors que celui-ci indique 1980. Cette édition est également parfois présentée comme néo-zélandaise. Une seule édition pour les deux pays ou une par pays, là est la question !

Base Record était une compagnie italienne active dans les années 80. Sa spécialité était la distribution sous licence de labels comme Rough Trade ou Factory. Les quatre premiers albums ont fait l'objet d'une double édition entre 1980 et 1981, l'une sous la marque "Base Record", l'autre sous le nom d'un sous-label, "Go International". L'édition "Rough Trade / Base Record" a une pochette en tout point semblable à sa consoeur anglaise, sans aucune mention de Base Record ou tout autre élément qui marquerait son appartenance au marché italien. La différence se fait avec le disque vinyle qui a une étiquette spécifique "Base Record", avec le tampon et l'indication de la SIAE, la SACEM locale.

Les éditions limitées vinyle et musicassette Fontana/Phonogram de 1988 bénéficient d'une belle pochette couleur argentée et portent la mention "Collectors Edition of One Thousand". Elles ne sont pas pour autant numérotées. L'édition cd est imprimée en noir & blanc, porte la même mention et est numérotée.

L'édition vinyle italienne Get Back (Get 54) était à l'origine sortie en tirage limité à 1 000 exemplaires en 1999. Il pourrait y avoir eu une réédition, peut être en 2004, toujours en vinyle 180gr. Sous réserves !

Il existe une édition vinyle pirate, trouvée à Londres en septembre 2007. Elle copie l'original US. Pour les distinguer, le bootleg ne porte pas sur le verso de la pochette, à droite, la mention "Manufactured and Marketed by Phonogram, Inc., a Polygram Company, One IBM Plaza, Chicago, IL 60611. Distributed by Phonodisc, Incorporated. printed in U.S.A." que l'on trouve sur l'original.

La réédition cd Cooking Vinyl de juillet 2008 peut être identifiée par la mention 2005 Master au dos de l'objet. Toutefois, certains exemplaires ont été distribués par CV avec l'ancien artwork, sans cette mention, mais avec un sticker indiquant qu'il s'agit de la version remastérisée.

Chroniques

Rock & Folk 135 Tout est dit sur la photo qui figure au dos de la pochette : un paysage d'enfer, usines, voies de chemin de fer, avion qui décolle, ciel noir chargé de suies, et sur la passerelle qui enjambe le tout, un être fantomatique, trace du passage d'un homme.
Bousculade d'associations : Pere Ubu a sorti un simple, " Final Solution " et cette ombre sur le pont de fer, c'est aussi celle de l'homme d'Hiroshima, gravée dans la pierre par l'explosion atomique.
Dans les " Culbuteurs de l'Enfer " (Roger Zelazny, Chute Libre), c'est dans l'Ohio que le héros, Hell Tanner, rencontre un savant fou. Tout ça fait un collage parfait pour illustrer les chansons du Pere Ubu. Chansons est d'ailleurs un terme fort incorrect pour désigner les cris, les éructations, les plaintes de la bande à Crocus Behemoth.
Philippe Garnier (philosophe français, né au Havre en 1940 et quelques) avait bien raison quand il nous mettait en garde contre cette bande d'inquiétants prophètes (R & F N° 126).
Leur Modern World à eux, ce n'est pas celui des Jam, une histoire de sapes et de moditude. C'est Aujourd'hui dans ce qu'il a de plus inquiétant. Rien que les titres, pour en donner une idée, Pacte de Non-Alignement, Les Vagues de la Rue, Radiation Chinoise, La Vie Pue...
Et leur monde réel (" Real World ") s'écroule dans les cris et les dissonances après avoir cahoté sur un tempo beefheartien, parfaite expression de ce que peut être la schizophrénie urbaine, la cassure entre le corps et les émotions, la tête ailleurs que dans un crâne.
" Modern Dance ", voix qui cherche à se dépêtrer dans un entrelacs de métal, peau qui se déchire sur les pointes acérées des cent mille griffes de Metropolis. Je ne cite pas ce mot par hasard, Pere Ubu crée quelque chose qui ressemble beaucoup à l'expressionniste allemand d'avant-guerre, Robert Wiene (" Le Cabinet du Dr Caligari "), Fritz Lang (" M le Maudit ") : un art qui annonçait des événements terribles.
Pere Ubu cherche à foutre la trouille, et s'il y parvient, c'est qu'on sait bien qu'il a raison quelque part.
Alain Dister, Rock & Folk, n° 135, Avril 1978

Pere Ubu est originaire de Cleveland, Ohio. Essayez d'imaginer un gigantesque laminoir couronné d'une épaisse calotte d'émanations industrielles. Il n'y a plus d'horizon et le soelil s'est définitivement éteint. Nous sommes retombés dans les âges de l'obscurité. Dans ces ténébreuses perspectives, se développe la lépre musicale de Pere Ubu.
Le groupe est emmené par ce personnage en effet très ubuesque qui se nomme Crocus Behemoth, chanteur et sorcier et qui avoue être totalement fasciné par Cleveland et ne désire pour rien au monde quitter cette ville. La musique et le comportement humain en général étant déterminés par l'environnement, vous comprendrez l'extraordinaire potentiel concentré dans celle de Pere Ubu. Pour vous donner une idée approximative, bien que je n'apprécie guère ce genre de procédé, imaginez un croisement crépusculaire entre Captain Beefheart, le Velvet Underground et Magma ... Vous obtenez une véritable matière radioactive et un album unique, une sublime intoxication.
Si Pere Ubu avait eu la possibilité d'inclure sur The Modern Dance ses deux premiers simples (sortis sur Hearthan records) "Final Solution" et "Thirty Seconds Over Tokyo", le cocktail aurait été encore plus nucléaire. Malgré ces absences, The Modern Dance est un album essentiel. "Street Waves" (le troisième simple sur Hearthan), "Non Alignment Pact" (LE PACTE DE NON ALIGNEMENT !) et le très incantatoire "Over My Head" sont de prodigieux morceaux d'apocalypse. La voix de Crocus semble mener un rite satanique et la musique, une chaotique sarabande thaumaturgique. "Sentimental Journey" est une pure distorsion édifiée sur un rythme à base de verre concassé.
Du reste tout est pur chez Pere Ubu, jusqu'à l'emploi du synthé ! Pourtant, le groupe est moderniste. Mais là où Devo, autre bizarrerie de l'Ohio, se révèle n'être qu'un artefact, Ubu lui est une nature où l'esthétique ne commande rien. Si vous êtes écologistes, si vous collectionnez des plantes vertes, cet album n'est pas fait pour vous. Les autres, vous découvrirez une musique de mutation atomique, la plus belle secousse expérimentale depuis longtemps, un disque apocalyptique et gorgé d'espoirs.
Francis Dordor, Best, n° ?, ? 1978

Rocks 1 Pere Ubu appartient, on le sait, à cette nouvelle coterie de groupes américains pour qui le son des années 80 est déjà une réalité objective et il continue sans bruit, son invasion méthodique. Quelques semaines après le single " Modern Dance ", voici l'album du même nom. Tout débute avec " Non Alignment Pact ", panoramiques diaboliques dans l'espace stéréo. Crocus alias David Thomas peut alors, par ce chant énorme, balayer toutes les résistances, et il ne se prive certainement pas de le faire.
Modern Dance - le morceau - a été réenregistré et sonne encore mieux que le single, au niveau de cette voix gigantesque en particulier. II y a aussi au rayon des trucs déjà connus, une nouvelle version de Street Waves. La première face se termine sur Chinese Radiation, ballade pressurisée qui se transforme en rock terrifiant sous les exhortations de Crocus, déchaînant une foule imaginaire, avant de retomber sous les accords d'un piano majestueux. La face 2 s'ouvre sur un morceau de Peter Laughner, ex-membre du groupe " Life Stinks " (la vie pue), elle devait même puer un peu trop, Peter étant mort il y a quelques mois déjà.
Cette face est la plus étrange, la plus oppressante avec ce point d'orgue terroriste que constitue " Sentimental Journey " où, sur un fond de verre brisé, Crocus se lance dans un discours surréaliste, entouré d'un sax incontrôlé et d'une guitare monotone. De temps à autre, le tout vole en éclats sous les coups de boutoirs d'une batterie insensée et le disque se termine sur " Humor Me ", espèce de Reggae que traverse une splendide guitare asthénique.
Ce disque est en définitive un chant d'amour aux terreurs avenir, dont la photo du verso (Cleveland, la nuit, dans une version volontairement esthétique) donne une approche assez parfaite.
Alain Feydri, Rocks, n°1, Mai 1978

R&F mars 2013 C'est un monument du post-punk qui réapparaît aujourd'hui dans les bacs à vinyles. The Modern Dance, premier album de Pere ubu sorti en 1978, est toujours aussi dérangeant aujourd'hui qu'à l'époque de sa sortie. Etrangement, cette réédition Music On Vinyl s'appuie sur les visuels de l'édition publiée en 1988 sur Fontana, avec l'illustration de la pochette couleur gris clair. Côté son, heureusement, rien n'a été dilué. Street Waves, Non-Alignment Pact et Chinese Radiation n'ont rien perdu de leur férocité.
Eric Delsart, Rock & Folk, n°547, Mars 2013

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